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Illustration satirique de la Révolution française illustrant l'humiliation de l'Église et de l'aristocratie.
Illustration satirique de la Révolution française illustrant l'humiliation de l'Église et de l'aristocratie. © Getty - Universal History Archive

1793, la révolution chasse l’église

Diffusion du vendredi 19 octobre 2018 Durée : 3min

Les relations de l’Église et de la toute jeune République Française ont été très mouvementées au début, voire sanglantes.

La rencontre entre la Révolution Française et l’Eglise a été un choc énorme. Pas pour le meilleur. Avant la Révolution, l’Eglise catholique de l’époque est religion d’Etat. 

À ce titre, elle a son mot à dire sur le gouvernement de la France. Elle prélève son propre impôt : la dîme. Il représente une part des récoltes et génère de gros bénéfices, qui sont attribués en priorité aux grandes familles aristocratiques qui laissent des miettes aux petits curés de campagne. Tout juste si l’Eglise consent ce qu’elle appelle le don gratuit, c’est-à-dire un don aux finances du royaume, très largement au-dessous de ce qu’elle donnerait si elle payait l’impôt.
Ah oui !  Comme la Noblesse, le clergé ne paie aucun impôt. Tout ça valse une première fois lors de la nuit du 4 août 1789, au moment de l’abolition des privilèges. Mais ça ne s’arrête pas là. 

En 1791, on demande aux prêtres de prêter serment de fidélité à la Nation. Impossible pour eux qui déclarent ne dépendre que du Pape. Certains acceptent de prêter serment et deviennent ce qu’on appelle les jureurs, d’autres refusent et entrent en clandestinité. Pris, ils sont emprisonnés ou tués. 

En 1793 c’est le point ultime du choc. On ferme les monastères et les couvents, les abbayes sont vendues et on en fait des carrières de pierres. On vide les églises des objets du culte. On fond les cloches pour en faire des canons. On ira jusqu’à vider les tombes pour faire du salpêtre. Des cathédrales sont mises en location, comme celle de Metz. Des églises deviennent des écuries, des entrepôts. 

Au final, la religion catholique est interdite. Tout ça finira par se tasser avant le retour officiel de l’Eglise avec le concordat de 1801 signé entre le Consulat, le gouvernement de la France de l’époque, et Rome. L’Etat prend alors à sa charge les rémunérations des prêtres catholique et prend possession des bâtiments à charge pour l’Eglise de les entretenir. Tout ça va durer un peu plus de 100 ans. On y mettra fin en 1905 et ce sera un choc tout aussi violent. La loi de 1905 sépare alors les églises, autrement dit les religions, de l’État qui cesse de les financer. Du jamais vu, inimaginable pour énormément de Français. Ce choc continue de résonner de nos jours. Mais ça c’est une autre histoire.