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Portrait de M. Levi Strauss.
Portrait de M. Levi Strauss. © Getty - Fotosearch

1853 : Quand Levi Strauss invente le tout premier jean

Diffusion du jeudi 18 octobre 2018 Durée : 3min

14 mars 1853. Montgommerystreet à San Francisco. On est en plein dans la conquête de l’ouest. La ville est une ruche de maisons de bois, de saloons et de commerces qui équipent les cow-boys et les chercheurs d’or.

Dans cette rue, Lévi Strauss, un jeune allemand de 24 ans, qui vient d’arriver de sa Bavière natale, vend de la toile de bâche. On dit du jean parce qu’elle est en coton et un peu grossière. Le mot jean est fort ancien. Les Anglais l’utilisaient déjà en 1560 pour désigner la toile de coton livrée par les commerçants génois à Londres. De « Toile de gênes », la toile est devenue la « Jean » Revenons à San Francisco. Levy Strauss discute avec un chercheur d’or. « Tu vends quoi toi ? » « des tentes » répond Lévy Strauss. « Moi je n’ai pas besoin de tente man, j’ai besoin de pantalons solides, les miens ne résistent pas longtemps » « Suis moi » lance Lévy que nous suivons avec le cow-boy dans sa boutique. Et voilà le jeune homme qui prend des mesures et qui ressort quelque temps plus tard avec un pantalon en toile de bâche. Bleu. Rugueux. Mais solide. 

Le soir Lévy Strauss fête ça. Il est même un peu bourré à force de faire la tournée des saloons pour montrer son chef-d’œuvre qu’il a baptisé Levis. Et c’est un carton. Les mineurs, les chercheurs d’or achètent le pantalon solide, qu’ils découvrent confortable.
C’est 20 ans plus tard, en 1873, à Carson City qu’on ajoute les fameux rivets. Là encore un chercheur d’or, un peu gros, qui gueule dans la rue qu’à force d’y mettre de l’or, les poches de son jean craquent. Jacob W David, 39 ans, originaire de Riga, lui propose d’y mettre des rivets pour les renforcer. Jacob est vite débordé de demandes. Il a entendu parler de Levy Strauss qui a fait fortune depuis l’invention de son pantalon en toile de tente. Il lui écrit et lui propose une association. 

En 1866, le jean est quasi semblable à celui que nous connaissons. Il est teinté en bleu. Et pour aller avec les rivets, Monsieur Strauss a fait utiliser des fils orange. Levy Strauss ne s’est jamais marié. Il est mort célibataire et millionnaire, en 1903. Il a eu droit à des funérailles nationales. Depuis le jean a envahi le monde et symbole de cette Amérique qui étonnera toujours par l’art qui est le sien de permettre une réussite fulgurante à qui a la bonne idée au bon moment.