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Jean de La Fontaine
Jean de La Fontaine © Getty

A Château-Thierry, Jean de La Fontaine écrit la première de ses 240 fables

Diffusion du mercredi 27 juin 2018 Durée : 4min

Direction l’Aisne, dans l’ancienne Picardie, pour découvrir la ville de Château-Thierry. Ville riche en histoire, aux premières loges de nombreux conflits, notamment lors de la Première Guerre Mondiale. Et ville de Jean de la Fontaine, qui y est né en 1621.

Jean de la Fontaine, né à Château-Thierry le 8 juillet 1621. Passionné des lettres, bien plus que de prières, le petit Jean a bien vite donné du fil à retordre à ses parents, notamment à son père qui l’aurait voulu curé. Le jeune la Fontaine aurait déjà pu écrire à l’époque l’une de ses morales célèbres qui lui viendra bien plus tard « est bien fou du cerceau celui qui prétend contenter tout le monde et son père ». À l’âge de 20 ans, plutôt fan de romans que de lectures édifiantes, Jean de la Fontaine quitte l’oratoire. Il se lance dans le droit, pour manger, et dans l’écriture, pour rêver. De sa riche imagination et de son art de raconter, il fera des histoires parfois fort coquines, même s’il aura toujours l’art de dire la chose sans la nommer vraiment. Et c’est en lisant les fables d’ Ésope, un grec de l’antiquité, que la Fontaine a une idée qui le rendra immortel. Ecrire des fables lui aussi. « Je me sers des animaux pour instruire les hommes ». Belle idée. Qui continue son œuvre presque 5 siècles plus tard.

1668, Château-Thierry

Jean de la Fontaine écrit. Il achève sa première fable « La cigale et la fourmi ». Il n’est pas le premier à se lancer dans le genre. Ésope, un romain de l’antiquité, avait déjà mis en scène des animaux. Il était d’ailleurs très populaire. On voit quelques-unes des fables d’ Ésope illustrées sur la tapisserie de Bayeux réalisée 1000 après sa mort. Les fables ou fabliaux ont été très à la mode au Moyen Âge et à la Renaissance. Et puis on a laissé tomber. Il faut dire qu’un genre nouveau s’est imposé le roman. On aime aussi les contes, et l’Opéra. La Fontaine en a écrit bien sûr. Et on lui trouve belle plume. Autant dire que quand il a fait part de son idée à son amie la Marquise de Sévigné, il a pris une volée de bois vert. Elle écrit dans une de ses lettres comme elle regrette que son ami préfère les fables aux contes « Je voudrais faire une fable qui lui fît entendre combien cela est misérable de forcer son esprit à sortir de son genre. Il ne faut point qu'il sorte du talent qu'il a de conter » en gros la Fontaine ferait bien mieux d’insister sur le roman. Mais ces fables, il les aime. Il se sert des animaux pour réfléchir et faire réfléchir, il aime être de ceux qu’on appelle « Les moralistes » autrement dit ceux dont les histoires racontent quelque chose qui fait réfléchir. 

Dans le Lion et le rat on retiendra que « On a souvent besoin d’un plus petit que soi » parce que le rat ronge les filets qui retiennent le lion qui le méprisait. Dans le petit poisson et le pêcheur on apprendra que « un tiens vaut mieux que deux tu l’auras ». Dans « le lion amoureux », les jeunes amants retiendront que « amour amour quand tu nous tiens on peut bien dire adieu prudence ! » Et dans le loup et l’agneau on découvrira avec cynisme que « La raison du plus fort est toujours la meilleure ». 

Monsieur de la Fontaine vient d’écrire la dernière ligne de sa première fable « Et bien dansez maintenant » fait-il dire à la fourmi qui envoie bouler la cigale inconséquente qui vient de lui demander à manger à elle la fourmi prévoyante. Après la cigale et la fourmi, 239 autres fables suivront. La Fontaine a le temps. Il n’est pas très connu encore celui qui sera l’un des écrivains Français les plus renommés, mais il sait déjà que « Petit poisson deviendra grand ».