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Ils ont fait l’Histoire !

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Une vue de Carcassonne
Une vue de Carcassonne © Getty

Carcassonne a vu passer la terrible peste noire

Diffusion du jeudi 3 mai 2018 Durée : 5min

Une ville qui a tout connu de l’Histoire, le meilleur comme le pire. Le pire c’est probablement la grande peste de 1347.

Entre montagne noire et chaîne des Pyrénées, au moment où l’Aude cesse de bouillonner pour devenir une calme rivière, on découvre avec émotion l’incroyable cité de Carcassonne. La ville basse s’étale sur les berges de la rivière, tandis que la ville haute domine. On sent tant de force quand on regarde Carcassonne. Une impression que rien ne pourra détruire l’œuvre des hommes. Des hommes qui ont aimé le site dès la préhistoire et se le sont disputé, depuis les Gaulois contre les Romains jusqu’aux Wisigoths en passant par les Arabes Omeyyades qui ont tenu la ville une trentaine d’années.

D’après la légende, Charlemagne aurait lui-même assiégé la ville tenue par une certaine Dame Carcas. Plus tard, c’est Saint Louis qui attaque Carcassonne, l’orgueil de la famille des Trancavel. Prenant la ville haute de force, il permet aux habitants de s’établir à ses pieds. Créant de fait deux villes. La forteresse, et la Bastide Saint Louis. Pendant des siècles les deux parties vont se toiser, se concurrencer parfois. Les Rois de France ont continué le travail de fortification des Trancavel faisant de Carcassonne l’une des plus belles forteresses du royaume, poste fortifié non loin des Pyrénées et de l’ennemi espagnol.

La peste noire ravage l’Europe

1347, la grande mort est arrivée. Carcassonne à son tour est frappée de la peste noire qui ravage l’Europe depuis quelques années. Grande pestilence, Black Death, mort noire en Angleterre, Peste universelle, les noms qu’on lui donne changent mais la maladie est la même, qui emporte les vivants en quelques jours dans d’atroces souffrances sans qu’on sache pourquoi. On parle de vapeurs qui seraient contagieuses. D’autres affirment que c’est le regard qui transmet la maladie. On se soigne comme on peut avec des remèdes qui soulèvent le cœur, on boit son urine macérée d’ail, on ingurgite de la bave de crapaud. On est prêt à tout pour lui échapper. Dans les rues le silence. À l’entrée de la ville on inspecte ceux qui veulent entrer.

Entièrement couverts, portant des gants, des médecins arborent un masque qui ne laisse voir que les yeux et qui se prolonge avec une sorte de bec dans lequel ils mettent des onguents et du vinaigre. Ils inspectent donc les corps nus à la recherche du fameux bubon qui signe la peste. Qu’ils soient pesteux et on les bastonne aussitôt pour les faire refluer. On ferme les portes. On emmure même les vivants quand leur maison est frappée. Que quelqu’un soit malade et aussitôt, on trace une croix blanche sur la porte qui est cadenassée de l’extérieur, tout comme les volets. Pour les plus riches, on autorise le notaire à noter les dernières volontés des habitants à bonne distance, pour qu’elles soient appliquées quand la terrible maladie aura tout emporté.