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Ils ont fait l’Histoire !

Le samedi à 13h45

Portrait de Jean-Baptiste Coluche (1780-1867), soldat de Naopléon, un dessin de Pauline Viardot.
Portrait de Jean-Baptiste Coluche (1780-1867), soldat de Naopléon, un dessin de Pauline Viardot. © Getty - De Agostini / Biblioteca Ambrosiana

Coluche, célébrité en 1820 dans l’armée

Qui aurait cru que Coluche, notre Coluche, avait un homonyme ?

Tout le monde, y compris les gamins, connaît Coluche « c’est l’histoire d’un mec ». Michel Colucci dit Coluche. Si vous aviez croisé un français de 1810, il vous aurait dit que lui aussi connaît un Coluche. Un grognard. Pas le Français hein ! Encore que le Français est naturellement grognard, non un grognard, autrement dit un soldat de Napoléon. De ces hommes qui l’auraient suivi au bout du monde, et qui ont conquis l’Europe avec lui, brûlant Moscou, et vivant l’enfer de la bérézina. Ce Coluche-là, c’est Jean Baptiste Coluche.

Il est né en 1789 en Seine et Marne. Conscrit de l’An IX, il a fait toutes les campagnes de la Grande Armée. Iéna. Eylau, Varsovie. Wagram où il est blessé, mais aussi le Portugal cette fois dans l’armée de Masséna. S’il est si célèbre ce Coluche à son époque c’est pour avoir dit « on ne passe pas ». Ce soir de 1809, Napoléon fait une pause après sa victoire d’Ebersberg, entre Linz et Vienne. Il squatte une maison en ruine. Jean Coluche est devant. Pas très loin de la porte. En faction. Il a ordre de ne laisser entrer ou sortir personne à moins que cette personne ne soit accompagnée d’un officier d’état-major. Et Coluche, un ordre, il ne faut pas lui dire deux fois. Sur le soir, Napoléon, seul, sort de sa maison pour prendre l’air. Aussitôt, Coluche le met en joue « Halte ! On ne passe pas ! ». Napoléon regarde son grognard. Il continue à avancer « Si tu avances encore, je te plante ma baïonnette dans le ventre ! ».

Une histoire racontée par Jérôme Prod'homme

La grosse voix de Coluche a rameuté des officiers et des soldats. L’empereur repart en balade. Coluche est embarqué. Direction le trou. Menacer l’empereur ! Voyons ! « J’avais ma consigne ! Je me défendrai au conseil de guerre » dit-il quand on lui signale qu’on va forcément le fusiller pour avoir menacé l’empereur. Quelques longues heures plus tard, pas très rassuré, entravé, Coluche est amené devant l’empereur « Grenadier tu peux mettre un ruban à ta boutonnière je te donne la croix » sous-entendue de la Légion d’Honneur. L’Empereur a aimé que son fidèle exécute ses ordres.

Devenu célèbre dans l’armée, puis dans toute la France, Jean Baptiste Coluche est revenu dans son village d’origine où il a repris son travail de vigneron et une auberge dans laquelle il n’a dit on, jamais empêché personne d’entrer ou de sortir.