Ils ont fait l’Histoire !

Le samedi à 13h45

La cueillette pour le parfum
La cueillette pour le parfum © Getty - Chad Ehlers

Depuis des milliers d’années, le parfum ajoute du plaisir à l’existence

Diffusion du samedi 14 décembre 2019 Durée : 3min

L’une des renommées de la France, c’est son art du parfum. Nos « Maisons de parfum » donnent encore et toujours le « la » des fragrances de leur époque. Un art qui vient de fort loin, depuis l’Antiquité, le monde musulman, et qui s’est imposé au XVIIIe siècle. Le parfum c’est une sacrée histoire !

Le parfum. Un art si subtil qu’il confine à l’alchimie. Technique de chasse à la préhistoire, il permettait de sentir comme sa proie et donc de se perdre dans le paysage olfactif pour mieux s’en approcher et l’attraper. Produit rare, extrêmement luxueux, sous l’Antiquité c’est l’odeur des dieux, et on parfume leurs statues et leurs temples. La Bible, Elle-même, est un véritable dictionnaire du parfum. On y parle d’encens, de nard, de myrrhe et j’en passe. En Egypte, on se parfume la tête, grâce à de petits cônes de parfum posés sur la perruque et qu’on laisse fondre pour parfumer les cheveux. Longtemps fabriqué à base de graisse, il commence à devenir plus présent grâce aux Arabes qui découvrent la technique de la distillation grâce à l’alcool dans un alambique. Ces mots d’origine arabe sont entrés dans le langage courant et désignent les mêmes choses depuis plus de 1000 ans. Au Moyen Âge, le parfum n’a pas bonne presse. L’Eglise le considère comme un artifice de séduction, donc un outil du diable. C’est la Renaissance qui consacre le parfum. On parfume d’ailleurs les vêtements plutôt que le corps. Ce qui explique que le parfum est fabriqué par les maîtres gantiers, notamment à Grasse. On enduit les gants de cuir, les éventails de parfum avec un but : lutter contre les mauvaises odeurs à une époque qui n’aime pas le bain. La révolution viendra d’Allemagne, au XVIIe siècle, grâce à l’Italien Jean Marie Farina qui lance l’eau de Cologne, le parfum préféré de Louis XIV. Les odeurs évoluent selon les époques. Alors qu’au XVIIe siècle on aime le musc, la cannelle ou les odeurs fortes, le Siècle des Lumières, plus léger, préfère le citron ou la bergamote. On perfectionne les techniques, on théorise même le parfum en le divisant en trois notes, note de fond, note de cœur, et note de tête. La note de tête devant signer l’arrivée de la belle, alors que la note de fond doit laisser une trace olfactive de son passage. Avec la Révolution française et l’abolition des corporations, et donc de celle des gantiers parfumeurs, arrivent les maisons de parfum. Elles font encore la gloire du luxe français de nos jours. Fabriqué de manière industrielle au XIXe siècle, le parfum est entré dans toutes les maisons. Toujours un peu luxueux, il n’est pas essentiel, mais il n’est pas non plus accessoire, puisque votre parfum c’est en quelque sorte votre signature par l’un des cinq sens. Le premier paraît il : l’odorat.