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Ils ont fait l’Histoire !

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Image d'illustration d un bonnet d'âne dans une salle de classe au musée national de l'education.
Image d'illustration d un bonnet d'âne dans une salle de classe au musée national de l'education. © Maxppp - Vincent Isore

Récompenses et punitions à l’École… Que d’imagination autrefois !

Diffusion du mardi 4 septembre 2018 Durée : 3min

Au fil de l’histoire de l’école, on a récompensé de bons élèves (pas tous !) et on a imaginé tout un tas de punitions pour faire rentrer les cancres dans le rang.

La punition est aussi vieille que la récompense.
Chez les Grecs par exemple, on ne badine pas avec la discipline. Par exemple celui qui arrive en retard au gymnase s’expose aux coups de bâtons. Chez les romains même topo, avec le fouet en plus.
En France, au Moyen Âge, on étudie sous la férule d’un maître. Et le mot férule désigne l’instrument qui sert à punir, une grosse baguette qui se finit de manière arrondie et qui permet de donner des coups qui font bien mal. Sinon il y a toujours la baguette simple, celle sert à montrer au tableau, mais aussi à punir notamment avec des coups sur les doigts, voire sur les fesses, y compris pour les étudiants et même en public parfois. Le châtiment corporel a le vent en poupe tout au long des siècles suivant le Moyen Âge, pourtant en 1837, la loi Guizot proscrit les châtiments corporels. Elle est peu suivie. Mais on innove dans la punition. On invente le pensum, autrement dit les lignes à copier.
Au cancre, on colle un panneau autour du cou, avec inscrit dessus le motif de la punition. On le coiffe du fameux bonnet d’âne. On peut aussi laisser une chance au temps. Par exemple en Bretagne, on fait circuler une boule de bois dans la classe. À chaque fois qu’un élève parle le breton alors qu’il faut parler Français, on pose la boule sur son bureau. Le dernier à avoir cette boule aura une punition. Pas toujours simple donc d’être écolier dans l’Histoire pourtant très tôt des voix s’élèvent contre les châtiments à l’école. Montaigne par exemple, écrit « Je n’ai vu d’effet aux verges, sinon de rendre les âmes plus lâches et plus malicieusement opiniâtres ».  Et les instituteurs sont prévenus en 1881 par Eugène Rendu, dans le manuel qui sert à les former « Il est certain que les verges, le martinet, la férule, etc.…, n’ont presque jamais eu pour effet que d’aigrir le caractère et de développer un sentiment dénué de vertu morale, celui de la crainte, qui engendre l’hypocrisie » Il a écrit ça en 1881. On est pourtant nombreux à avoir connu la règle sur les doigts ou le tirage de cheveux 100 ans plus tard. « Faut du temps pour que ça rentre mais à force d’insister on y arrive » disait mon vieil instit. Il pensait peut-être à lui !