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Ils ont fait l’Histoire !

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Jean Lefebvre.
Jean Lefebvre. © Getty

Jean Lefebvre le gamin de Valenciennes qui voulait être chanteur

Diffusion du vendredi 6 avril 2018 Durée : 5min

Dans le Nord, il y a Valenciennes, sous-préfecture du département. Une ville à l’histoire aussi riche que ses monuments. Ville jeune également puisqu’elle est le siège d’une université dynamique.

Valenciennes est une ville humaine, bien desservie pour les transports, c’est une ville qui cultive aussi bien l’industrie que le tertiaire et qui peut s’enorgueillir d’être le siège d’une université, l’université de Valenciennes et du Hainaut Cambrésis. 10 000 étudiants quand la ville compte 50 000 habitants. C’est beau Valenciennes, du côté de la Mairie, du Musée des Beaux-Arts, de la basilique du Saint Cordon, ou de la Maison espagnole qui rappelle qu’on a longtemps été ici province du Roi d’Espagne, sans oublier l’immense hôpital de Hainaut. Et valenciennes, c’est le lieu de naissance d’un grand talent. Celui de l’un des comiques préférés des Français. L’homme au regard de cocker comme disait Lino Ventura. Jean Lefebvre est né non loin de la vieille tour de la Dodenne en 1919. Un vrai gars du ch’nord.

Jean Lefebvre

Si vous aviez croisé Jean Lefebvre quand il avait 30 ans vous l’auriez probablement étonné en lui disant qu’il deviendrait l’un des acteurs comiques les plus connus de son pays. Son truc, à lui, c’était de chanter. A tel point que dans la famille on le surnommait fifi l’oiseau. Né en 1919 dans la petite bourgeoisie industrielle, il fait ce qu’il peut aux études avant d’être saisi par la guerre. Fait prisonnier, il s’évade et vit de petits boulots comme conducteur de tramway à Limoges, il n’est pas doué d’ailleurs puisqu’il écrase un âne. Il revient à valenciennes après la guerre avant de repartir pour paris et il entre au conservatoire. Il sait ce qu’il veut : devenir chanteur. Doué, il remporte le 2e prix d’opéra-comique en 1948. 

Et c’est là que sa vie bascule. Alors qu’il se prépare à une carrière de chanteur lyrique, René Simon, le célèbre professeur d’art dramatique réussi à le convaincre de choisir le théâtre. Il entre dans la compagnie des branquignols, fait un peu de cinéma dans les années 50 et 60 notamment dans les tontons flingueurs avant de devenir célèbre dans les années 70. C’est l’époque des rôles qui lui colleront ensuite à la peau : le franchouillard, pas bien finaud, un peu faux jetons, gaffeur et attachant. Il participe à l’aventure du gendarme à Saint Tropez, mais il n’apprécie pas du tout de Funès et ne fera pas toute la série. On le voit evidemment dans « mais où est passée la 7eme compagnie ». Il joue le rôle de Pithiviers et fait marrer la France entière. Il joue dans beaucoup de film, pas toujours bon. Il faut dire qu’il est dépensier et qu’il adore jouer au casino, alors pour financer tout ça il ne signe pas mal de contrats. Il dira un jour « j’ai tourné tellement de mauvais film que ma carrière ressemble à un champ de navets ». 

En parallèle il continue le théâtre qui est devenu une grande passion. Une belle carrière que celle de Jean Lefebvre, aimé des français, qui meurt à 84 ans emporté par un malaise alors que ce grand gourmand dîne au restaurant. Lefebvre aura réussi le plus difficile rôle de l’existence : jouer l’imbécile quand on est intelligent. Il y faut du courage et un immense talent.