Ils ont fait l’Histoire !

Le samedi à 13h45

Elephant man
Elephant man © Getty - Stanley Bielecki Movie Collection

John Merrick l’homme qu’on appelait « Elephant Man »

Diffusion du samedi 28 mars 2020 Durée : 3min

Un peu par hasard, je suis tombé sur un film des années 80. Ça m’a étonné d’ailleurs puisqu’il était en noir et blanc. Ce film, c’est Elephant Man. Il a été réalisé par David Lynch. On découvre la vie terrible d’un jeune homme, atteint d’une maladie déformante, et devenu malgré lui bête de foire.

En 1980, les cinémas sortent un film en noir et blanc, ce qu’ils  n’avaient pas fait depuis longtemps. Ce film, écrit et réalisé par David Lynch, dans lequel on retrouve John Hurt et Anthony Hopkins,  s’appelle « Elephant Man ».  

Ce film  magnifique est tiré des mémoires d’un médecin nommé  Frederick Treves, écrites il y a un peu moins de 100 par cet homme qui a  rencontré John Merrick, celui qu’on appelait «Elephant Man».  Destin  passionnant et tragique de ce garçon qui est né le 5 août 1862 à Leicester en Grande Bretagne. Une légende racontée d’après Merrick et ses sœurs, dit que sa mère Mary Jane Merrick avait trébuché et manqué d’être écrasée par un éléphant. C’est ce qui aurait causé la malédiction qu’a été la maladie de son fils. 

Une maladie encore mal  identifiée de nos jours, qui démarre très tôt et qui déforme son corps, le rendant bossu, et déformant sa tête au point de la rendre extraordinairement grosse. L’enfant perd sa mère à l’âge de 11 ans. Chassé par son père, et surtout par sa belle-mère qui ne supporte pas ce  qu’elle appelle sa laideur, John Merrick essaie de travailler, mais moqué et battu, il est obligé de renoncer. Il devient objet de curiosité au XIXe siècle dans les foires, on paie pour voir des êtres humains difformes. On les observe. On se moque. Un véritable enfer pour les objets de moquerie, et vécu par John Merrick pour survivre. 

Un jour à  Londres, alors qu’il revient d’un périple dans les foires d’Europe,  c’est un véritable attroupement qui se forme rapidement face à lui à la gare. On l’invective, on le moque, on le frappe et il est sauvé de  justesse. Emu par le destin tragique de ce garçon, le directeur du Royal Hospital, Monsieur Francis Culling Carr-Gomm fait appel à la générosité dans un article très émouvant du Times. Il émeut jusqu’à la Reine Victoria. Et du coup John Merrick est accueilli gratuitement à l’hôpital où on prend enfin soin de lui. Le docteur Treves le rencontre souvent.  Il l’étudie c’est vrai, mais il l’écoute aussi. 

C’est dans cette chambre  qu’on retrouve John Merrick mort, le 11 avril 1890. Mort naturelle,  suicide, personne n’a jamais pu le dire vraiment. Une vie moquée qui rappelle que ce sont des gens dit «normaux » qui moquaient John Merrick  pour sa difformité alors qu’au fond, moralement au moins, ce sont eux qui étaient monstrueux.