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6 mannequins pourtant des vêtements André Courrèges en mai 1968.
6 mannequins pourtant des vêtements André Courrèges en mai 1968. © Getty

Jouir sans entrave et manifester en jean et bleu de travail

Diffusion du mercredi 9 mai 2018 Durée : 5min

Si mai 1968 n’a pas été le point de départ d’une mode, c’est une charnière et c’est en tout cas la fin des maisons de haute couture « à maman ». On ose, on essaie, on innove. Côté sexe, « jouir sans entrave » c’est tout un programme.

Mai 68 n’a pas été l’occasion d’un look particulier. En tout cas pas forcément pendant le mois de mai, si ce n’est qu’on n’a jamais vu tant de jeans et tant de bleus de travail dans la rue, lors des multiples manifestations et grèves. En revanche, Mai 68 a confirmé et initié. Je m’explique. Ça fait déjà 3 ans que les minijupes défrisent les anciens dans les rues de France.

C’est une anglaise, Mary Quant qui a mis cette jupe ultracourte à la mode. De même le jean est déjà porté par la jeunesse de France depuis quelques années. Tout ce que déteste Coco Chanel, qui continue d’habiller les mamans des manifestants en lançant l’anathème sur ces jeunes maisons qui lancent des choses étonnantes. Deux ans plus tôt Yves Saint Laurent a épaté en créant le smoking pour femme. Et, en 1968, à la demande du magazine Vogue qui l’affiche en couverture il lance la saharienne qui fera ses beaux jours. 

De son côté Sonia Rykiel vient de créer sa première boutique rue de Grenelle, elle aime les mailles, les rayures de couleurs et même, audace, les coutures à l’envers. Pierre Cardin sort des blouses transparentes qui donnent des sueurs chaudes aux amants et froides aux parents. Paco Rabanne plastifie les blouses.

Au cinéma, le film Bonnie and Clyde revisite le style rétro en faisant porter un béret basque à Faye Dunaway. Côté coiffure, on laisse les cheveux pousser chez les garçons, et les jeunes filles libèrent leurs chevelures. Fini les chignons à maman. Bonjour les cheveux aux vents. Ceci dit, même si tout ça a plus ou moins précédé les événements, Mai 68 confirme une énorme tendance : la mode est dans la rue. Fini les grandes maisons pour habiller la jeunesse, la Maison Balenciaga est d’ailleurs au bord de la faillite, on découvre le prêt à porter. 

On s’habille militant. Le col mao devient un symbole, de plus que les vêtements militaires pour dénoncer la guerre, pour habiller la Révolution espérée. Le style cool, baba cool, beatnik viendra plus tard dans les années 70. En fait côté mode, bien plus que mai, c’est octobre 1968 qui va marquer les esprits côté look avec la première publicité consacrée à la mode et diffusée à la télévision. La Marque Dim crée événement en vantant son collant sur le petit écran. Comme quoi, pour beaucoup de domaine, Mai 68 n’est pas forcément là où on l’imagine.