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Robert Badinter, ministre français de la Justice devant l'Elysée, à l'issue d'une réunion au cours de laquelle il a présenté sa proposition d'abolition de la peine de mort, le 26 août 1981.
Robert Badinter, ministre français de la Justice devant l'Elysée, à l'issue d'une réunion au cours de laquelle il a présenté sa proposition d'abolition de la peine de mort, le 26 août 1981. © Getty

L’abolition de la peine de mort en France

Diffusion du jeudi 24 mai 2018 Durée : 5min

La France fait partie des pays qui ont aboli la peine de Mort. Ils sont 104 dans le monde. C’est au terme d’un vaste et long débat que cette abolition a été prononcée en 1981 à l’instigation de Robert Badinter le tout nouveau garde des sceaux du Président Mitterrand fraîchement élu.

1981. La peine de mort. La peine ultime dans l’inventaire possible des peines infligées par la Justice au nom du Peuple Français. 

Publiques au départ, depuis 1939, les exécutions se font derrière les murs des prisons. Il faut dire qu’elles attiraient une foule incroyable de badauds et qu’on a parfois dû disperser le public au canon à eau. Fascination de l’être humain pour la mort des autres. Le matin très tôt. On surprenait le condamné dans son sommeil. Aussitôt après l’annonce de sa mort à venir, on le menottait. On l’amenait dans une pièce où on lui proposait d’écrire une dernière lettre, de se confesser, de fumer une dernière cigarette et de boire un verre d’alcool fort. On l’attachait. On lui coupait les cheveux sur la nuque. On le portait littéralement jusqu’à la planche. Un instant plus tard, le couperet tranchait la tête du condamné. 

On a plusieurs fois tenté d’abolir la peine de mort. En 1906, pour contourner l’opinion publique farouchement pour la peine capitale, les députés votent la suppression des crédits pour le fonctionnement de la guillotine. En gros, on ne paie plus l’entretien, ni le bourreau. En 1908 on tente une première fois l’abolition par un vote du Parlement. Refusée par 330 voix contre. 201 voix pour. Reste la grâce présidentielle, l’ultime chance du condamné à mort. Rarement accordée.

Tout au long de sa carrière d’avocat, Robert Badinter, a incarné dans plusieurs procès retentissants la voix des opposants à la Peine de Mort. Lors de la Campagne présidentielle, François Mitterrand affirmé qu’il était opposé à la Peine capitale. Le peuple a donc été prévenu. Mitterrand élu, Robert Badinter a enclenché le processus. Ce 18 septembre 1981, dans une France coupée en deux, entre les pour et les contre, les députés ont aboli la peine de mort. Depuis 1984, 27 propositions de rétablissement ont été déposées et rejetées. Dans le monde, 94 pays ont conservé la peine capitale dans leur arsenal juridique. 56 l’appliquent réellement. Mais 104 pays, c’est-à-dire la majorité des peuples de la Planète, ont aboli la peine de mort.