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Des grains de café.
Des grains de café. © Getty - Comstock

La France découvre le café

Diffusion du mercredi 6 février 2019 Durée : 4min

Versailles 1670. Le château est en effervescence. Louis XIV reçoit fastueusement Soliman Aga, l’ambassadeur du Sultan Mehmed IV.

Le roi veut resserrer les liens avec l’empire ottoman, l’un des plus anciens pays amis de la France. L’ambassadeur s’avance après toute un défilé de jeunes gens coiffés de turban qui passent devant les courtisans ébahis. Il s’incline et on dépose les cadeaux aux pieds du roi. Parmi les présents offerts à Louis XIV par Soliman Aga une boisson, qui étonne les Français. Le café. 

La légende veut que Kaldi, un berger d’Abyssinie, autrement dit l’Éthiopie, ait remarqué l’effet tonifiant de cette baie sur ces chèvres quand elles la mangeaient. D’autres disent qu’il en a fait tomber une fois sur son feu de camp et que l’odeur alléchante lui a donné envie d’essayer. Il aurait été le premier à constater les effets du café. Une boisson permettant d’avoir l’esprit plus clair, plus longtemps, sans succomber au sommeil. Le café est très demandé en Orient ou on l’appelle « Elkawah », la « boisson stimulante ». Il arrive en Europe via Venise. On le présente au Pape Clément VIII pour lui demander d’interdire aux chrétiens cette boisson si appréciée des musulmans.
Le pape goûte, adore, et refuse de bannir le café en disant en gros que ce serait dommage de laisser aux seuls infidèles un tel plaisir. En Angleterre on interdit bien vite les cafés, considérant que dans les établissements où on le boit on conteste trop le pouvoir. On laisse faire pour le thé. 

En France, c’est donc Soliman Aga qui met le café à la mode. La Cour veut absolument goûter le breuvage que le roi semble avoir apprécié. 16 ans plus tard, Francisco Procopio, ouvre le plus ancien café de Paris encore en activité aujourd’hui, le café Procope. C’est la seule chose qui restera de la visite de Soliman Aga à Versailles. Entre lui et le roi le courant ne passe pas. L’ambassadeur repart fâché. Le roi aussi. Et c’est quelque temps plus tard qu’une pièce satyrique moque les nouveaux riches. Cette pièce c’est le Bourgeois Gentilhomme et elle ridiculise l’ambassadeur turc. Elle est signée Molière qui l’a écrite, paraît-il en buvant du café.