Replay du jeudi 4 janvier 2018

La galette des rois de Louis XIV

Retour auprès de Louis XIV, presque 40 ans après la funeste nuit des rois de 1649. Nous le rejoindrons aux côtés de Jérôme pour tenter de savoir d’où vient cette tradition de la galette des rois.

La galette des rois.
La galette des rois. © Getty

6 janvier 1684. Versailles. 5 tables dans le salon de mercure, sur les tables, une pour les hommes, quatre pour les dames, on déguste des gâteaux des rois. Louis XIV marche d’une table à l’autre pour savoir qui a eu la fève, il s’amuse même s’il n’a pas oublié la funeste fuite du 6 janvier 1649, en chemise, alors qu’il avait 12 ans et qu’il quittait Paris. Mais il aime cette tradition qu’il a maintenue à Versailles. Comme lui, personne ne sait vraiment d’ailleurs pourquoi on déguste la galette des rois lors de l’épiphanie. 

Etienne Pasquier, un historien du XVIe siècle a écrit que c’est un héritage des saturnales, des fêtes romaines, où il était de tradition de manger un gâteau, découpé en autant de parts qu’il y avait de convives. Le plus jeune devait aller sous la table, et répondre aux questions du maître de maison sur l’année à venir. Une sorte d’horoscope improvisé, ensuite il devait dire à qui allait telle ou telle part, et celui qui avait la fève était le roi de la journée, même s’il était inférieur au maître de maison. En gros l’esclave pouvait devenir le patron pour une journée.

La tradition semble s’être perpétuée différemment, et elle a lieu à un moment très proche des anciennes saturnales, celui de l’épiphanie, autrement dit le jour célébrant l’arrivée des trois mages à la crèche. Au Moyen Âge on ajoute la tradition de la part de la Vierge, ou de la part du pauvre, une part en plus qu’on met de côté et qu’on offrira au premier pauvre qui se présentera. Les fèves ont été inventées par les romains, le XVIIIe siècle les a faites en porcelaine. Après un passage à vide à la révolution, les galettes des rois sont revenues. Elles sont toujours d’actualité, à la frangipane évidemment, aux pommes aussi. Dans le sud on parle plutôt de gâteau des rois, parfumé à la fleur d’oranger.

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