Les séries France Bleu

Ils ont fait l’Histoire !

En semaine à partir de 15h08

Illustration du Petit Journal du 17 septembre 1899.
Illustration du Petit Journal du 17 septembre 1899. © Getty - Print Color

La « Méduse » coule, ils sont 151 sur un radeau

Lundi 3 mars 1817. Rochefort. Hôtel de la Marine. Le verdict va être rendu. Le contre-amiral de la Tullaye s’adresse au Capitaine de frégate Hugues Duroy de Chaumareys. Il est reconnu coupable de manquement à l’honneur.

Rayé des cadres et de l’ordre de Saint Louis. Le déshonneur est complet. Et c’est pourtant moindre mal pour un garçon qui aura mené à la catastrophe « La Méduse », une belle frégate, partie de l’île d’Aix pour rallier Saint Louis le comptoir français du Sénégal.

Duroy de Chaumareys n’en n’a fait qu’à sa tête. N’écoutant pas ses officiers et se fiant plutôt à un aventurier, il a commencé par distancer le convoi auquel il appartenait avant de se tromper de position d’échouer lamentablement sur un banc de sable à 60 km des côtes. Une tempête achève la destruction. Pour sauver ce qui peut l’être, il est décidé de la construction d’un radeau de 20 mètres sur 7 qui part, tiré par des chaloupes. 

151 hommes prennent place tant bien que mal sur le radeau tiré par les chaloupes qu’on a mises à la mer. Mais bien vite, volontairement ou non, les cordes lâchent. Les chaloupes partent. Le radeau dérive. Pour les chaloupes, la terre au bout d’un long moment, certains débarquent et meurent dans le désert. D’autres, dont celle du commandant Duroy de Chaumareys, arrivent à accoster à Saint Louis.

Le radeau dérive pendant 13 jours

Et dessus c’est tragique. Il y a des mutineries, des bagarres, des noyades, on manque d’eau, de nourriture. Les hommes capturent bien quelques poissons volants mais ils ne suffisent pas. On voit des hommes manger les cordages, leurs ceintures, leur chapeau et pire. Certains, dit-on, se livrent au cannibalisme. Le capitaine lui, revient vers la Méduse. Il récupère quelques hommes restés sur le bateau et surtout 92 000 francs en pièces d’or avant de repartir pour Saint Louis. Puis, il décide d’aller voir si le radeau existe toujours. Quand le sauvetage arrive enfin, ils sont 15 rescapés sur les 151 qui étaient dessus à l’origine. 5 meurent sur le chemin du retour. Il n’y aura que 10 survivants.

Une histoire racontée par Jérôme Prod'homme

 L’histoire du radeau de la Méduse a frappé son époque. Elle continue de faire frémir quand on contemple l’œuvre du peintre Géricault qui a magistralement interprété cette tragique affaire qui est restée gravée dans l’histoire maritime de notre pays.