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 Scénographie de l'opéra Bellérophon de Jean-Baptiste Lully, XVIIIe siècle.
Scénographie de l'opéra Bellérophon de Jean-Baptiste Lully, XVIIIe siècle. © Getty - Heritage Images

La mort idiote de Lully, le compositeur préféré du Roi Soleil

Diffusion du mardi 9 octobre 2018 Durée : 3min

Versailles. 1687. Jean Baptiste Lully, surintendant de la musique du roi. Louis XIV, en pleine répétition. L’homme a 54 ans. Coiffé d’une grande perruque à rouleaux donne le rythme avec son bâton ferré.

On est encore loin d’avoir inventé la baguette qui équipe les chefs d’orchestre de nos jours. Lully marque le rythme en levant et baissant son bâton couvert d’argent. A la mesure de la richesse d’un homme pourtant parti de rien.

Fils de meunier, il est né à Florence en 1632. Il a 13 ans quand il est remarqué par le duc de Guise, de passage en Toscane, qui l’emmène en France. Là, il est embauché par la cousine de Louis XIV, la Grande Mademoiselle, pour lui donner des cours d’italien. Ceci dit, le trouvant trop laid elle l’envoie finalement aux cuisines. Coup dur donc pour le gamin et son histoire pourrait s’arrêter là, dans les cuisines de l’hôtel d’Orléans à éplucher des légumes. 

Seulement la Grande Mademoiselle aime la musique. Elle a même son orchestre. Et bien vite, sympathique, et naturellement doué pour la musique, Lully attire l’attention des grands compositeurs qui passent par là. Avec eux il apprend à danser, à jouer et à composer.  A tel point que la Grande Mademoiselle le rappelle à l’étage. Louis XIV découvre à son tour le talent de Lully. Le roi, qui est fort jeune, adore danser, c’est son sport préféré, avec un autre exercice que la pudeur interdit de nommer mais passons. Il appelle Lully pour l’entraîner. Et pour composer des ballets qui le mettent en scène. C’est Lully qui le premier, dans un de ses spectacles, attribue au roi le rôle du soleil. Entre ces deux-là, naît une admiration réciproque. Louis XIV ira jusqu’à fermer les yeux sur le faible de Lully pour les garçons. Bientôt, Lully est à la musique ce que Molière est au théâtre, l’homme qui a la faveur du roi, autrement dit celui qui commande. 

Le compositeur continue de battre la mesure, passionné, il agite de haut en bas son bâton. De plus en plus fort. Et là : drame. Il se plante littéralement le bâton dans le pied. Douleur effroyable, qui précédera l’agonie puisque le pied s’infectant, Lully, mourra d’une gangrène généralisée quelques jours plus tard, précédant