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Laurent Fignon, contre-la-montre individuel, lors du Tour de France 1989, 15ème étape à Orcières-Merlette.
Laurent Fignon, contre-la-montre individuel, lors du Tour de France 1989, 15ème étape à Orcières-Merlette. © Getty - Jean-Yves Ruszniewski

Laurent Fignon perd le Tour de France pour 8 secondes

Diffusion du jeudi 29 novembre 2018 Durée : 3min

Il est resté célèbre pour avoir perdu un Tour de France pour huit petites secondes. Il était connu pour sa répartie parfois mordante lors des conférences de presse après les étapes du Tour. Il était aussi renommé dans le peloton pour sa culture et son esprit vif.

Ce jour de Juillet 1989, Laurent Fignon va au bout de lui-même. Il lui manque 9 secondes et c’est lui qui remporte le tour de France une nouvelle fois « 3 ,2 ,1 top, Laurent Fignon a perdu le Tour de France 89 pour 8 secondes. Il a perdu le Tour de France dans la dernière étape jamais de ma vie je n’oublierai ce Tour de France ». 

C’est donc fichu. Fignon a perdu contre l’américain Greg LeMond. L’intello est effondré. Allongé sur les pavés des Champs-Elysées. L’intello, ce surnom que lui a donné le peloton. Moitié à cause de ses éternelles lunettes en fer, moitié parce qu’il est réellement cultivé. C’est à 15 ans qu’il commence le vélo. Des potes qui lui montrent. Il adore. Très doué, son esprit vif lui donne toujours un coup d’avance dans l’analyse. Il est aussi doté d’un sens de la répartie légendaire dont il ne se prive pas d’user avec les collègues et les journalistes, ne se faisant d’ailleurs pas que des amis. 

Après avoir remporté une cinquantaine de courses amateurs, Laurent Fignon, né en 1960 à Paris, devient cycliste professionnel en 1982. Une carrière brillante qui lui permet de remporter deux Tours de France, en 1983 et 1984, le Tour d’Italie en 1989, il termine d’ailleurs cette année-là en tête du classement mondial FICP, mais… 

Mais c’est l’année qui le voit perdre le Tour de France lors d’un dernier contre-la-montre pour 8 secondes d’écart. En 1992, Laurent Fignon remporte une dernière grande victoire à Mulhouse lors du Tour de France 92. En 1993, il raccroche définitivement le vélo professionnel. Commence alors une vie d’entrepreneur. Il rachète le Paris Nice, il crée le Paris-Corrèze en 2001, il fonde même le Centre Laurent Fignon dans les Hautes-Pyrénées pour permettre aux coureurs de faire des stages. Il est aussi consultant pendant 17 ans pour la télévision, et c’est d’ailleurs peu de temps après avoir commenté le Tour de France 2010 que Laurent Fignon meurt des suites d’un cancer « J’ai eu une belle vie, je regretterai évidemment de partir trop tôt, c’est qu’un combat de plus, évidemment c’est autre chose que de monter un col, mais effectivement quand on a bien vécu c’est un petit peu moins grave ». Fairplay. Malgré tout.