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Image d'illustration. © Getty - Tahreer Photography

Le bézoard, le contre-poison magique pour les alchimistes

Diffusion du jeudi 16 mai 2019 Durée : 4min

1557. Ambroise Paré va tenter une expérience.

l est déjà fort connu le chirurgien. Déjà il a magnifiquement « réparé » un people de l’époque, le duc de Guise défiguré par un coup de lance. Ensuite il est surtout célèbre pour son « la Méthode de traiter les plaies faites par les arquebuses et autres bastons à feu, et celles qui sont faites par la poudre à canon », il explique notamment un truc révolutionnaire : comment amputer sans tuer, autrement dit comment ligaturer les artères, plutôt que d’appliquer un fer rouge comme on faisait avant lui, ce qui entraînait souvent la mort par arrêt du cœur face à l’incroyable douleur. 

Ce jour de 1557, Ambroise Paré applique sa méthode

Il veut voir et comprendre. Et cette fois il veut savoir si le bézoard est bien ce qu’on a toujours dit jusque-là : une sorte d’antipoison universel. Son nom même vient du persan « padzhar » qui veut dire « préserve du poison ». Dans les livres de l’époque on le conseille autant que la corne de Licorne pour guérir quelqu’un qui s’est empoisonné. Il est rarissime, ce qui le rend hors de prix. À tel point qu’on l’offre comme un somptueux cadeau et que certains le portent même en sautoir. Chez les Habsbourg, on le gratte pour en faire une poudre contre la mélancolie. En fait, un bézoard c’est une boule naturelle rare qui se forme par addition dans un estomac d’animal ou même d’humain. Et donc ce jour Monsieur Paré veut vérifier si le bézoard est bien l’antipoison suprême. 

Pour tout dire il n’y croit pas. Mais il va vérifier en passant un marché avec un condamné à mort. Un marmiton de la Cour qui a volé de l’argenterie et qui doit être pendu. On lui a proposé de choisir entre la corde et le poison avec une chance d’être sauvé si le bézoard était vraiment antipoison. Et le jeune homme a choisi le poison. Il vient de l’avaler. Aussitôt après, Ambroise Paré lui donne un bézoard à avaler. Et on attend. 7 heures en tout avant que Le condamné meure. Preuve donc que le bézoard ne sert à rien. Il est rayé de la liste des remèdes par Paré. D’autres continueront de l’administrer, persuadés d’être plus fort que l’éminent chirurgien, avant qu’au final, tout le monde comprenne qu’un bézoard c’est assez joli, c’est rare et qu'à part être acheté un grand prix pour épater la galerie, cela ne sert à rien.