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Le château des Talleyrand - Perigord, demeure du comte de Chalais.
Le château des Talleyrand - Perigord, demeure du comte de Chalais. © Maxppp - Isabelle Louvier

Le Comte de Chalais et la Dordogne

Diffusion du vendredi 15 juin 2018 Durée : 5min

On file en Dordogne et Charente où nous intéresserons à un homme dont la famille puisait ses racines dans ces zones géographiques. Ce jeune homme c’est le comte de Chalais. Aimé de Louis XIII il l’a pourtant trahi et on lui a tranché la tête. Enfin on a tenté de lui trancher la tête…

La famille des Talleyrand Périgord. Le plus connu des membres de la famille était le fameux Talleyrand ministre des affaires étrangères de plusieurs têtes couronnées dont Napoléon et Louis XVIII. À propos de tête, l’autre célébrité de la famille a perdu la sienne dans des conditions effroyables. Beau, grande gueule, chouchou de Louis XIII dont on dit qu’il l’a aimé comme il était interdit à l’époque, Henri de Talleyrand Périgord est mort des mains d’un bourreau amateur. Il s’en serait bien passé.

Nantes, 19 août 1626, place du Bouffay

Enfermé depuis plusieurs jours dans le château des ducs de Bretagne, le Comte de Chalais est presque content d’en sortir alors même qu’il sait que c’est pour aller vers la mort. Louis XIII n’a pas tenté de le protéger. 

Le Roi a pourtant aimé Chalais. Chalais a d’ailleurs subi la jalousie du monarque qui lui faisait presqu’une scène quand il le savait de retour des bras d’une belle. Chalais, avec son physique avantageux, en a séduit plus d’une. C’est l’une de ces belles qui a causé sa perte. La belle duchesse de Chevreuse haïssait Richelieu, Cardinal et premier ministre du roi. Elle voulait sa peau. Elle a persuadé Chalais de l’aider. Cette conspiration, dite de Chalais, a été éventée.

Le Comte a été arrêté et condamné pour haute trahison. S’avançant vers l’échafaud, le Comte observe le bourreau qui tremble. Et pour cause. C’est un amateur. Bien malgré lui remarquez ! Sachant que le roi avait refusé sa grâce » au condamné à mort, les amis de Chalais ont tout simplement enlevé le bourreau de la ville de Nantes. Ils se sont dit qu’on ne pourrait pas exécuter leur ami faute de professionnel disponible si j’ose dire. Ils ont eu tort. Richelieu est passé outre. Au petit matin, on a proposé un deal à un prisonnier, savetier de son état. Qu’il fasse l’office de bourreau et lui qui devait être pendu sera libéré. Le choix a été vite fait. C’est donc ce brave homme, enfin si j’ose dire puisqu’il était quand même en prison, qui attend le comte armé d’une hache à manche court. Le comte ôte lui-même sa fraise, dégrafe son col, s’agenouille, et d’une voix forte lance « Ne me fait pas languir ! ». 

Pas expérimenté, et pas doué pour deux sous, le savetier donne des dizaines de coups à tort et à travers. Il rate le coup du comte, tape à côté. Une boucherie. Au 20ème coup le comte peut encore s’écrier « Jésus Marie ». Il faudra 29 coups au total pour ôter la vie du beau comte comme l’exigeait la justice du roi.