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Mars 1974, Hiroo Onoda sur l'île de Lubang, dans le nord-ouest des Philippines. Onoda est resté sur l'île près de 29 ans sans avoir aucune connaissance de la capitulation du Japon au cours de la Seconde Guerre mondiale.
Mars 1974, Hiroo Onoda sur l'île de Lubang, dans le nord-ouest des Philippines. Onoda est resté sur l'île près de 29 ans sans avoir aucune connaissance de la capitulation du Japon au cours de la Seconde Guerre mondiale. © Getty - Kyodo News

Le dernier samouraï de la seconde guerre

Diffusion du jeudi 10 janvier 2019 Durée : 4min

À Lubang, aux Philippines Hirō Onoda est pris en photo cette année 1974. Il est maigre. Vêtu d’un reste de treillis militaire. Il porte un calot sur la tête. L’homme est au garde à vous. À côté de lui, un officier, bien nourri, tient un sabre avec admiration. C’est celui de Hirō Onoda.

Il vient de le remettre à un gradé philippin parce qu’il vient de comprendre et d’accepter, près de 30 ans après la guerre, que le Japon a perdu, que la guerre est terminée et qu’il ne renonce pas au bushido, le code d’honneur des samouraïs japonais. 

Il a tenu 30 ans

Le bushido, qui a sidéré les Américains lors de la guerre dans le Pacifique. Loyauté à l’empereur jusqu’à la mort. Et la mort si on y faillit. La mort qu’on se donne soit même en se faisant hara-kiri. La mort qu’on se donne en se jetant sur l’ennemi quand on sait qu’on va mourir. Comme le faisaient les kamikazes, ces pilotes d’avions japonais qui lançaient leurs avions sur les bateaux ou bâtiments américains quand ils savaient qu’ils ne pourraient pas rentrer. Un mort tristement et horriblement dévoyé par les terroristes de notre époque, qui n’ont absolument aucune notion de l’honneur et qui frappent des codes d’honneur des samouraïs, de combattre aux Philippines sans jamais se rendre. Il devait tenir jusqu’à l’arrivée de renforts ou mourir sur place. Il a tenu 30 ans. 

Au départ ils étaient 3. En 1950 soit 5 ans après la reddition du Japon, l’un d’entre eux est allé voir ce qui se passait en dehors de la jungle. Découvert, il s’est rendu. On a alors tout fait pour récupérer les deux autres. On a notamment envoyé des tracts par avion au-dessus de la Jungle pour annoncer que la guerre était finie. Hirð Onoda ne les a pas crus. Il n’a pas cru non plus sa propre famille venue tenter de le convaincre. Il a fallu que son ancien commandant face le voyage depuis le Japon et s’enfonce en pleine jungle pour le trouver et lui faire comprendre qu’il pouvait rendre son sabre et rester en vie sans être déshonoré. Il est donc sorti de la jungle et il a découvert un japon complètement métamorphosé, en plein boom économique.  

Hirð Onoda, l’homme qui n’avait qu’une parole, est mort en 2014, à Tokyo, au terme de 91 années d’une vie qui ne l’a jamais vu, un seul moment, faillir à son honneur et à celui de son pays.