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Le samedi à 13h45

Les femmes et le droit d’être élues : un très long chemin
Les femmes et le droit d’être élues : un très long chemin © Getty - KrizzDaPaul

Les femmes et le droit d’être élu : un très long chemin

Diffusion du samedi 7 mars 2020 Durée : 3min

À quelques heures du 8 mars, journée internationale des droits des femmes, et non pas des droits de la Femme, et à quelques jours des élections municipales auxquelles des femmes se présentent, soit comme maires, soit tout simplement sur une liste.

Quelle longue histoire que celle des droits des femmes dans un monde dominé par les hommes. Encore que je dis ça, mais on sait que chez les Celtes, les Gaulois, chez les Vikings, les femmes ont aussi voix au chapitre. Il faut dire qu’elles tiennent l’épée comme les bonhommes, notamment lors du siège de Paris par les Vikings en l’an 845. La tête des Parisiens ! Au Moyen Âge, dans certaines régions les femmes ont leur mot à dire quand il y a consultation. Mais bien souvent elles doivent être veuves. Sinon, comme le veut la tradition, elles obéissent à leur père ou à leur mari. La Loi salique leur interdit aussi d’hériter d’une terre. Et plus largement d’un royaume. Elles sont donc rares à avoir pu faire de la politique en France si on excepte quelques reines de France, veuves d’ailleurs, comme Blanche de Castille ou Marie et Catherine de Médicis. Ah il y aussi Jeanne d’Arc quand j’y pense. Mais à quel prix ! La Révolution française ne leur fait pas plus de cadeaux. Dès le début l’Assemblée Constituante décrète que les femmes ne voteront pas, malgré l’appel notable de Condorcet. Ce qui provoque la réaction de la fameuse Olympe de Gouges qui s’écrie « puisque la femme à le droit de monter à l’échafaud, elle doit avoir le droit de monter à la tribune ». La pauvre Olympe n’aura que le droit de monter sur l’échafaud. Même si Léon Blum nomme Irène Joliot-Curie dans son gouvernement en 1936, jusqu’en 1945, les femmes ne sont pas électrices et donc pas éligibles. Ce qu’on rappelle à Joséphine Pencalet, une bretonne élue conseillère municipale à Douarnenez en 1937 et qui sera  « destituée »  par le Conseil d’Etat au motif que les femmes n’ont pas le droit de vote. Elles devront attendre 1944, et définitivement 1945 pour avoir le droit de voter et de se présenter à une élection. La première femme ministre s’appelle Germaine Poinso-Chapuis, elle est ministre de la santé dans le gouvernement de Robert Schuman en 1947. En 1974, Arlette Laguiller est la première femme à être candidate au poste de Présidente de la République. En 1979, Simone Veil est la toute première présidente du parlement européen élu. Edith Cresson devient Première ministre le 15 mai 1991. Depuis l’an 2000, dans les élections avec listes, les femmes doivent être au même nombre que les hommes. Un si long chemin donc, et l’obligation de recourir à la loi, pour permettre à la moitié de l’Humanité d’être exactement égale à l’autre moitié dans le choix du destin de la nation. 

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  • Femmes