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Ils ont fait l’Histoire !

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Le colonel Picot, président des 'Gueules cassées' accompagné de ses compagnons d'armes, photographié devant la Loterie Nationale où il est venu retirer les lots gagnés, à Paris,  le 5 décembre 1935.
Le colonel Picot, président des 'Gueules cassées' accompagné de ses compagnons d'armes, photographié devant la Loterie Nationale où il est venu retirer les lots gagnés, à Paris, le 5 décembre 1935. © Getty - Keystone-France

Les "gueules cassées", nos héros défigurés

Diffusion du mercredi 7 novembre 2018 Durée : 3min

Les « Gueules cassées » c’était leur surnom. Blessés au visage, ils ont dû se battre pour reprendre une vie aussi normale que possible.

Plus de la moitié des 8 millions de soldats français mobilisés ont été blessés pendant la guerre. Certains en reviennent mutilés. Ils ne peuvent plus marcher. Beaucoup sont aveugles, notamment depuis que l’armée allemande lance des attaques au chlore ou au gaz dit "moutarde". 15 000 blessés de guerre l’ont été à la face. C’est à l’un d’entre eux qu’on doit ce surnom de « Gueules cassées ». 

Le colonel Picot, un héros né à Brest. Un chef valeureux, généreux, apprécié de ses hommes et détesté de ses supérieurs à qui il reprochait les ordres imbéciles en leur rappelant, je le cite, "Ceux qui se battent sont de braves gens qui ne s’amusent pas. Ils se battent pour la France".
Le 5 janvier 1917, un éclair, un obus, une chaleur sur la joue l’impossibilité de voir, et les mains poisseuses de sang. Le colonel est blessé. Il a l’œil gauche crevé, une partie du front et du nez arraché. Il est défiguré. C’est au Val-de-Grâce qu’il est soigné. Il y fait comme les autres, le possible pour s’accepter et la patience douloureuse pour supporter ce qu’essaient les chirurgiens qui tentent la chirurgie réparatrice. L’ancêtre de la chirurgie esthétique d’aujourd’hui. Cette chirurgie qui n’est pas uniquement le gadget pour rajeunir les starlettes d’Hollywood, mais aussi une médecine qui soulage et répare ceux que la nature ou un accident ont défigurés. C’est lors de son séjour à l’hôpital chez ceux qu’on appelle  "les baveux", que le colonel Picot fait la connaissance de deux « Gueules cassées » Bienaimé Jourdain et Albert Jugon avec eux il lance la loterie nationale, l’ancêtre de notre Française des jeux. 

C’est grâce au loto qu’on financera la recherche et les centres dédiés aux milliers de « Gueules cassées » que la guerre a laissé sur le carreau. Parce que la guerre existe toujours, l’union des blessés de la face et de la tête existe toujours. Sa devise n’a pas changé depuis bientôt 100 ans « sourire quand même ! »