Ils ont fait l’Histoire !

Le samedi à 13h45

Sherlock Holmes
Sherlock Holmes © Getty - Harold M. Lambert

Les méthodes d’enquête au fil de l’Histoire

Diffusion du samedi 7 décembre 2019 Durée : 3min

Autrefois mener une enquête policière c’était très compliqué. On ne pouvait se fier qu’à peu de choses. Déjà en matière de témoignages. Chez les romains c’est très clair : « testis unus, testis nullus ». Autrement dit « Témoin unique, témoin nul ».

Dans le haut Moyen Âge, quand deux témoins se contredisent, on se lance dans « l’ordalie ». Un combat à mort ou en variante prendre un tison rougi au feu et le tenir sans se brûler. Dieu donne la victoire à celui qui dit la vérité. Pour tenter de savoir on requiert à la torture. La torture qu’on appelle d’ailleurs la question. Et des questions on vous en pose tout en vous étirant les bras en l’air avec un poids énorme attaché aux jambes, ou on vous écrase les doigts, voire les jambes à travers les brodequins, des planches qui enserrent les tibias et qu’on serre de plus en plus à coup de maillet. C’est Louis XVI qui mettra fin à la question « ordinaire et extraordinaire ». Au XIXe on voit apparaître la technique des empreintes digitales. Ces empreintes qui sont uniques pour chaque être humain ont été décrites en 1678 par un anglais nommé Nehemiah GREW. En 1823, un physiologiste tchèque nommé Jan Evangelista PURKINJE les classe en 9 groupes, qui existent toujours d’ailleurs. Ayant constaté l’intérêt de ces empreintes inhérentes à chaque être humain, mais différentes dans tous les cas, les anglais, fidèles à eux-mêmes, en font d’abord une technique financière. Aux Indes, William James HERSCHEL vérifie que les soldats touchant une pension de retraite soient bien les bons grâce à cette technique en les faisant signer leur contrat de leur empreinte digitale. Mais le grand spécialiste c’est l’anglais Francis Galton qui établit en 1892 que la probabilité que deux êtres humains aient la même empreinte digitale est de 1 sur 64 milliards. Mise à profit une première fois en Argentine la même année, en Ecosse en 1897, aux USA après, elle ne sera appliquée qu’en 1902 en France. Les Français étant dubitatifs dans un premier temps. On ne saurait dire le nombre d’enquêtes que cette technique a permis de résoudre depuis, rejointe par des techniques encore plus modernes à la fin du XXe siècle, telles que le Luminol qui permet de détecter des traces de sang invisibles à l’œil nu, ou bien sûr l’ADN. La Police continue de suivre de très près les progrès de la science, pour les mettre à profit de la Justice.