Les séries France Bleu

Ils ont fait l’Histoire !

En semaine à partir de 15h08

une toile de tente improvisée en bout de camion pour les premiers congés payé en 1936.
une toile de tente improvisée en bout de camion pour les premiers congés payé en 1936. © Maxppp - Thierry David

Les vacances pour tous ? C’est à partir de 1936

Diffusion du mercredi 20 juin 2018 Durée : 5min

La révolution des « vacances pour tous », ou au moins pour les ouvriers et les fonctionnaires, c’est la réalisation d’une promesse du Front Populaire en 1936 : les congés payés. Autrement dit être payé… même quand on ne travaille pas.

1936. On n’a jamais vu ça. On n’a jamais vu tant de monde dans les trains. Sur les routes, en bord de mer et même en rase campagne. On n’a jamais vu tant de monde en vacances. Une pratique réservée jusqu’à présent aux riches qui pouvaient prendre du bon temps sans trop se demander ce qu’ils allaient mettre dans la marmite le soir.

Une révolution joyeuse, voilà comme on pourrait qualifier l’arrivée des congés payés. C’est l’une des mesures phare, et forcément les plus populaires, des engagements du Front Populaire. Engagement tenu avec la loi du 20 juin 1936. 2 semaines, payées par le patron. Un droit désormais. Droit que connaissaient déjà certains fonctionnaires depuis 1852. Dans la presse, un journal de gauche, nommé « L’information » offre aussi des congés rémunérés à ses employés. Un système qui épate Léon Blum et qui va l’inspirer quand il prendra le pouvoir avec le Front Populaire. 

Des grèves massives, en mai 36, ont aidé à imposer ces fameux congés payés. « Les vacances payées accordées par notre gouvernement ont rendu cette année à toutes les plages de France leur animation d’autrefois ». Deux semaines pour aller à la plage pour certains, mais aussi tout bêtement si j’ose dire pour aller voir la famille pour ces parisiens qui sont nombreux à s’être installés dans la capitale en quittant leur campagne. C’est l’occasion d’amener les enfants chez la grand-mère. Et pour les titis parisiens, c’est l’occasion de voir les vaches. On écrit des cartes postales colorées. On revient bronzé pour montrer qu’on a bien profité. La guerre abolira cette joie. On leur dira souvent aux ouvriers qu’ils avaient demandé trop et que la France s’était écroulée aussi par leur fainéantise. 

Après-guerre, les congés payés reviennent. Ils sont portés à 3 semaines en 1956, 4 en 1969 et enfin 5 semaines en 1982. « A la plage parents et enfants jouissent d’une même égalité, et les parents se sentent tellement rajeunis ». On continuera avec joie plus de 80 ans après sans oublier qu’un Français sur deux, en moyenne, ne part pas pendant ces vacances.