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Mistinguett à Paris.
Mistinguett à Paris. © Getty

Mistinguett : « c’est l’esprit de Paris »

Diffusion du mardi 12 juin 2018 Durée : 5min

Jeanne Bourgeois, dite Mistinguett, qui chantait « ça, c’est paris » de son accent traînant et de cette voix éraillée qui n’appartenaient qu’à elle est devenue l’icône de Paris. Elle a su aimer et s’éclater sans jamais se prendre au sérieux.

Édouard VII, roi d’Angleterre a peut-être été l’homme qui a le mieux défini Mistinguett en disant d’elle « C’est l’esprit de Paris ». Jeanne Bourgeois, dite Mistinguett. Danseuse, chanteuse, actrice, son plus grand talent a pourtant été de ne jamais rater une rencontre. Par exemple celle de Saint Marcel, le directeur de la revue du Casino de Paris. Ils ont fait connaissance par hasard dans le train qui emmenait la jeune fille à son cours de violon. Il l’a embauchée. 

Bienvenue Mistinguett au Casino de Paris, au Moulin Rouge et même aux quatre coins du monde qu’elle a réjoui de sa gouaille et de son accent traînant. Elle a défrisé le bourgeois avec ses jolies gambettes et en chantant « On dit que j’aime les aigrettes les plumes et les toilettes c’est vrai ». Un air de scandale sans se prendre au sérieux mâtiné d’entrain et enrobé d’un grand talent d’artiste, c’est ce mélange qui va en faire la star de Paris. « On dit que j’ai l’nez en trompette mais j’saris pas Mistinguett si j’étais pas comme ça ! ». C’est aussi une rencontre qui lui fera connaître l’amour de sa vie. Maurice Chevalier, qu’elle adore au point de se faire espionne pour le faire libérer quand il est fait prisonnier pendant la Première Guerre mondiale. 

Un amour vif, décomplexé, moderne même puisque les deux amants se sont éclatés et ne se sont pas privés de le faire savoir. Alors qu’il partait à la guerre, Maurice a fait réaliser un sex-toy pour sa belle. Pour pas qu’elle s’ennuie quoi ! Il fait faire une copie en bois de son engin original. 33 cm de bois, copie optimiste peut-être mais surtout de quoi faire rire les deux amoureux, et faire chavirer Drouot, il y a quelques années quand l’objet était mis aux enchères. 

Mistinguett a aussi rencontré le cinéma débutant et elle a su s’en faire aimer dans des dizaines de films. Canaille et généreuse, Mistinguett c’est vrai « c’est l’âme de Paris » qu’elle a si bien aimé : « ça c’est paris… » Mistinguett est morte en 1956 en se donnant 10 ans de moins que son âge. Une dernière effronterie pour celle qui aura compris toute jeune que le destin tient souvent aux rencontres qu’on fait ou qu’on ne fait pas.