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Louis Joseph de Montcalm-Gozon, marquis de Saint-Véran (dit de Montcalm).
Louis Joseph de Montcalm-Gozon, marquis de Saint-Véran (dit de Montcalm). © Getty

Montcalm, enfant du Gard, défend Québec face aux Anglais

Diffusion du mercredi 13 juin 2018 Durée : 5min

Ce jour de septembre 1759, Louis de Montcalm a fait tout ce qu’il a pu pour protéger Québec des « dos de homards », surnom qu’on donnait aux Anglais dont le costume était rouge.

On est bien loin du chaud soleil du Gard. Loin de l’austère façade du château de Montcalm, à Vestric et Candiac, pas si loin de Nîmes. Les deux endroits sont pourtant intimement liés par un homme qui est né sous le chaud soleil de France et qui a donné sa vie pour elle à l’autre bout du monde, sous le froid et beau soleil du Canada. Cet homme c’était Louis Joseph de Saint Véran, marquis de Montcalm. Et c’était un héros.

Le marquis de Montcalm

14 septembre 1759. Québec. Le canon continue de tonner au loin sur les plaines d’Abraham. Dans son quartier général, le marquis de Montcalm est à l’agonie. Les souvenirs défilent dans sa tête. L’enfance, au château de famille. Il se souvient les cours magistraux de son vieux précepteur qui se désolait d’avoir un élève aussi entêté. Un château qu’il aimait retrouver en temps de paix et où il a vécu de jolies années avec son épouse Angélique Talon du Boulay, avec laquelle il a eu 10 enfants, dont 5 ont survécu. Il aimait les voir courir devant l’austère façade blanche, à peine arrondie par ses tours, et coiffée de rouge comme il se doit dans le midi du royaume de France. Oubliant presque la douleur, Montcalm se souvient son émotion de l’an 1756 quand on lui a confié le commandement des armées françaises en Amérique. 

Avec 31 ans de service, 11 batailles et 5 blessures il semblait le plus qualifié et pour une fois c’est le mérite que Versailles a choisi plutôt que les bons courtisans. Les succès contre l’ennemi anglais ont été nombreux au départ, fort Oswego sur le lac Ontario en 1756, Fort William Henry en 1757, Fort Carillon en 1 758. Versailles n’envoyant que peu d’hommes et presque pas de munitions, Montcalm a pourtant fait tout ce qu’il a pu pour défendre le Canada Français « ces quelques arpents de neige » comme disait Voltaire avec mépris. Et puis la victoire a changé de camp. 

Faire face à James Wolf, son ennemi juré, un général anglais doué certes, mais qui ne reculait devant rien, pas même devant les massacres comme on a vu le long des rives du Saint-Laurent. Ce 14 septembre 1759, Wolf va mourir lui aussi. Mais il a gagné la bataille. pour les Français c’est fichu. Québec va tomber. Montréal suivra un an plus tard. La France perdra le Canada Français en 1763. Se tournant vers le médecin, Montcalm demande « Combien de temps me reste t’il a vivre ? » « Peu de temps » répond le médecin. Réponse du héros « Tant mieux je ne verrai pas les Anglais à Québec ». Quelques instants plus tard, le dernier héros Français d’Amérique est mort face à Québec la belle, Française pour quelques heures encore, mais québécoise pour toujours.