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Michel Petrucciani à Nice lors du festival en juillet 1996.
Michel Petrucciani à Nice lors du festival en juillet 1996. © Getty

Petrucciani, né à Orange, épate le Nice Jazz Festival

Diffusion du mercredi 10 janvier 2018 Durée : 4min

Une pépite provençale à découvrir. On s’arrête à Orange pour se souvenir de la beauté de la ville Romaine et d’un artiste qui y est né en 1962, Michel Petrucciani.

La ville est magnifique, le théâtre antique fabuleusement conservé et le magnifique arc de triomphe sont nés du génie des Romains en Provence. Ils sont classés au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’Unesco et franchement c’est mérité ! 

A Orange, Il y a aussi la colline à laquelle le bon Saint a donné son nom, sur cette colline, les princes d’Orange ont édifié un formidable château qui a été détruit depuis. Cette famille d’Orange est devenue si importante qu’elle a fini par devenir royale puisque la branche des Orange-Nassau n’est rien moins que famille royale des Pays Bas. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’orange est une couleur si populaire en Hollande car c’est celle des grandes fêtes. 

A propos de couleur, au-delà de celles des toits de tuiles, il y a celle des bonnes olives, la couleur rubis des côtes du Rhône ou du vin de Châteauneuf du Pape qu’on élabore pas bien loin. Même le noir a du goût ici puisqu’on y trouve d’excellentes truffes. Le tout sous ce soleil plein d’énergie qui fera toujours de la Provence une terre pas comme les autres. C’est ici, à deux pas de la scène qui a vu passer tant de talents depuis 2000 ans, qu’est né un artiste hors pair, j’ai nommé Monsieur Michel Petrucciani.

Michel c’est le fils d’Antoine Petrucciani, dit Tony. La famille est originaire de Naples mais elle s’est posée longtemps à Orange ou est né Michel en 1962, du côté de Montélimar où se trouve l’auditorium qui porte son nom. Tony était musicien de jazz, guitariste pour être plus précis, il donnait des cours de musique aux alentours. Les oncles de Michel étaient musiciens aussi. Louis faisait de la contrebasse, et Philippe était guitariste. Malade, Michel n’a pas pu aller à l’école, il a suivi des cours à la maison et surtout il a écouté la musique. A trois ans il chantait les standards de jazz, ensuite son père, voyant qu’il aimait le piano, lui a fabriqué une pédale à sa taille. 

A 13 ans, Michel Petrucciani donnait la réplique au grand trompettiste américain Clark Terry. Le gamin est tellement doué qu’à même pas 20 ans il part pour les Etats Unis, la patrie du Jazz. Il y enregistre des disques, 5 albums en moins de 5 ans. Il compose et surtout il donne une multitude de concerts aux quatre coins du monde. Ce qui caractérise Petrucciani, entre autres, c’est l’étonnante indépendance des mains, on dirait que la main gauche et la main droite sont animées d’une vie propre, et les plus grands artistes sont subjugués par la vitesse d’exécution de ces deux mains quand Michel les laisse courir sur le clavier. 

Il est temps, le silence s’est fait, Petrucciani se lance, cette vie dédiée à l’art l’a consumé. Mort à 36 ans, il repose à Paris, non loin de la place qui porte son nom. A quelques mètres de l’autre grand fan de piano : Frédéric Chopin.