Ils ont fait l’Histoire !

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Peinture de Sandro Botticelli, la naissance de Venus, Florence, Italie dans la galerie de Uffizi.
Peinture de Sandro Botticelli, la naissance de Venus, Florence, Italie dans la galerie de Uffizi. © Getty - H. Armstrong Roberts

Pourquoi la coquille "Saint-Jacques" ?

Diffusion du lundi 1 octobre 2018 Durée : 3min

Octobre c’est le début de la saison de ce bonheur qu’est la coquille Saint-Jacques. Connue depuis la nuit des temps, elle aurait même servi à transporter la déesse de l’amour fraîchement née. On la voit d’ailleurs sur le tableau de Botticelli qui représente cette scène.

La coquille Saint-Jacques. Vous savez qu’on commence tout pile la saison ! Notamment en Bretagne, dans la baie d’Erquy. Ce mollusque bivalve de la famille des pectinidés est un pur délice, Pecten Maximus est son nom latin. 

On la dégustait dès le néolithique dans les peuplades de bord de mer. Les Grecs et les romains vous auraient dit que Vénus, déesse de l’amour, est partie de Chypre dans une coquille Saint-Jacques. Elle est d’ailleurs représentée comme ça, seulement vêtue de ses cheveux, dans un magnifique tableau de Botticelli. 

Le nom de « coquille Saint-Jacques » nous vient du Moyen Âge, quand elle est devenue un souvenir de voyage. Celui que les pèlerins ramenaient de leur expédition à Saint-Jacques de Compostelle, en Galice, autrement dit en Espagne. Dans ce lieu, repose le corps de Saint-Jacques le Majeur, l’un des douze apôtres, le saint qui aurait évangélisé la péninsule ibérique avant de rentrer à la maison. Mauvaise idée d’ailleurs, puis qu’il sera décapité en Palestine. La légende nous dit que ses restes ont été amenés en Espagne avant d’être perdus, puis miraculeusement redécouverts au IXe siècle. Très vite, les pèlerins affluent pour vénérer le tombeau de celui qui a approché le Christ de si près et qui, en toute logique, peut faire pas mal de miracles, puisqu’il a connu le patron. 

De retour de Compostelle, autrement dit d’un très long et dangereux périple, les pèlerins arboraient fièrement la coquille qu’ils avaient ramassée là-bas. Elle leur servait de protection aussi, puisque l’Église menaçait des flammes de l’enfer, quiconque aurait agressé le porteur d’une coquille Saint-Jacques. De ce fait, elle est devenue l’emblème de tous les pèlerinages. Et de retour de Rome, du Mont Saint-Michel, ou même de Jérusalem, les pèlerins la montraient à qui voulait la voir. 

De nos jours, elle est devenue un mets comestible fort demandé, et grâce à une pêche raisonnée, on ne court plus le risque de ne plus voir des coquilles que sculptées sur les chemins de Compostelle. Ce serait bien dommage.