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Ils ont fait l’Histoire !

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Rouget de Lisle chantant la Marseillaise chez Dietrich, maire de Strasbourg, le 26 avril 1792. Une gravure du quotidien Le Petit Journal du 23 avril 1892.
Rouget de Lisle chantant la Marseillaise chez Dietrich, maire de Strasbourg, le 26 avril 1792. Une gravure du quotidien Le Petit Journal du 23 avril 1892. © Getty - Print Collector

Rouget de Lisle, créateur de La Marseillaise meurt dans la pauvreté

Il est l’homme qui a créé notre hymne National.

Il s'agit de Claude Rouget de l’Isle à qui nous devons la Marseillaise. « Aux armes citoyennes ! formez vos bataillons ! Marchons, marchons ! Qu’un sang impur abreuve nos sillons ! ».
Ce jour de 1830, Rouget de Lisle est heureux. Il vient de recevoir de quoi boucler les fins de mois. Le Roi Louis Philippe a décidé de lui octroyer une pension. Elle arrive juste à temps. Il n’a rien. Quelques années plus tôt, il a même fini en prison pour dettes. Il a pourtant liquidé l’héritage paternel pour éponger un peu son débit, mais ça n’a pas suffi. Il est loin le Dom Juan des années 1790. Un beau trentenaire, les cheveux bruns, le regard perçant, et un vrai talent pour l’écriture et la composition alors qu’il était, au départ, militaire. C’est d’ailleurs par l’armée qu’il est arrivé à Strasbourg où il a rencontré le maire, Dietrich, avec lequel il a sympathisé. C’est d’ailleurs à la demande du Maire, pour mettre du baume au cœur des habitants, que Rouget de Lisle a composé « le chant de guerre pour l’armée du Rhin ».

Reprise par les Marseillais montant à Paris en 1792, sa composition a accompagné la prise des tuileries et la fin de la Monarchie. Ce qui est devenu « la Marseillaise » est devenu le chant républicain par excellence, accompagnant les armées révolutionnaires, bousculant les trônes et conquérant l’Europe. 

Une histoire racontée par Jérôme Prod'homme

Pour Rouget de Lisle, la suite a été moins glorieuse. Emprisonné sous la Terreur parce qu’il n’était pas jugé assez républicain, il est revenu en service de militaire en Bretagne pour combattre les chouans. Ennemi de Napoléon 1er, auquel il a écrit son mécontentement, pas bien vu par Louis XVIII qui n’avait pas oublié la Marseillaise républicaine, Rouget de l’Isle, a finalement vécu de rien, n’étant plus militaire, et n’ayant pas assez de commandes pour son génie littéraire et musical. Le voilà qui repart dans sa petite maison de Choisy-le-roi. Il y mourra à l’âge de 76 ans le 26 juin 1836. 

La Marseillaise lui a survécu, elle l’a emporté dans sa gloire puisqu’on a déposé les cendres de Rouget de Lisle aux Invalides. C’était en 1915, en pleine guerre mondiale, car c’est surtout dans la Tourmente que l’œuvre de Rouget de l’Isle revêt toute sa force et accompagne celle pour qui elle a été composée : le Peuple Français.