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Ils ont fait l’Histoire !

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Marthe Richard lisant le Crapouillot.
Marthe Richard lisant le Crapouillot. © Getty

Rue Saint-Denis et Marthe Richard la veuve qui clôt

Diffusion du vendredi 20 avril 2018 Durée : 5min

On dit que c’est le plus vieux métier du monde que celui de prostituée. Rue Saint Denis à Paris, nous verrons qu’on trouve encore des traces du passé des filles de joies dans la capitale et en France. L’une d’entre elles, Marthe Richard, a obtenu la fermeture définitive des maisons closes en 1946.

Paris. Rue Saint Denis. L’une des plus anciennes artères de la capitale puisqu’elle menait déjà à Saint Denis il y a plusieurs siècles. C’est d’ailleurs par cette rue que les rois de France faisaient leurs entrées solennelles. Elle était décorée et on accrochait des tapisseries aux fenêtres. 

Au fil du temps la rue Saint Denis est devenue l’un des lieux de travail préféré des filles de joies. Vieille histoire que celle-là. Les romains proposaient des maisons spécialisées, appelées lupanar. C’est l’ancêtre de la maison close. On en trouve un très bien conservé à Pompéi avec des dessins très clairs .

En France, au Moyen âge, on oblige les filles de joies à vivre en dehors de la ville, dans les bordes, les maisons situées à la limite de la ville et de la campagne, d’où le mot bordel pour désigner un établissement dédié aux plaisirs tarifés. Philippe Auguste confie l’administration des filles de joies aux Ribaud, une sorte de milice, qui va donner le nom ribaude. 

Saint-Louis interdit la prostitution avant de se raviser et finalement de l’autoriser à condition que les filles soient faciles à repérer. On décide de les installer dans des rues dédiées. Par exemple : "Rue du poil au con", qui existe toujours mais s’appelle la "Rue du Pélican". De même la "Rue de la pute y musse", autrement dit "la pute se promène", devenue la "Rue du petit musc" de nos jours.

On oblige les propriétaires de bordels à allumer une lanterne rouge pour signaler leur établissement. Ce sera l’emblème des maisons closes jusqu’à la fin. Un peu comme la carotte pour nos tabacs. En 1802, on réglemente les maisons closes de manière très officielle. Avec obligation de signaler les tarifs, de visite médicale pour les professionnelles, et une surveillance des pouvoirs publics. C’est au sortir de la seconde guerre mondiale qu’une ancienne prostituée fera abolir les maisons closes. Elle s’appelait Marthe Richard. Elle a été prostituée, espionne et femme politique.