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Françoise Giroud et Théroigne de Méricourt, l’amazone rouge guidant le Peuple.
Françoise Giroud et Théroigne de Méricourt, l’amazone rouge guidant le Peuple. © Getty

Semaine droits des femmes : Françoise Giroud et Théroigne de Méricourt

Diffusion du vendredi 9 mars 2018 Durée : 5min

Deux femmes marquantes dans le domaine politique. La première c’est Françoise Giroud puis nous rencontrerons Théroigne de Méricourt. Féministe convaincue au point de vouloir fonder une « phalange d’amazones de la Liberté ».

1974. Françoise Giroud fait son entrée dans la cour d’honneur du palais de l’Elysée. Un beau parcours pour la gamine Intelligente qui a cessé ses études à 14 ans seulement pour travailler en devenant sténo-dactylo.  Quelques années plus tard, à 19 ans, en 1935, elle commençait dans le cinéma en figurant au générique de Baccara d’Yves Mirande. Dans la foulée elle devenait la première femme scripte de l’histoire du cinéma. Brillante, on lui a proposé de devenir journaliste. Au sortir de la guerre, au sein du magazine Elle, la féministe moderne qu’elle était, pouvait militer pour la condition féminine. Elle a cofondé l’Express en 1953 avec Jean-Jacques Servan Schreiber, magazine dans lequel elle s’exprimait contre la guerre d’Algérie, ce qui lui a valu un plastiquage de son appartement. Journaliste et engagée donc. Et c’est cette femme que le tout nouveau et jeune président de la République Valéry Giscard d’Estaing, va accueillir à l’Elysée au moment de rencontrer le gouvernement Chirac. Le premier de son septennat. 

Il y a déjà eu des femmes dans les ministères remarquez. À l’avant-guerre, dans le gouvernement Blum, elles étaient trois sous-secrétaires d’Etat, dont Irène Joliot-Curie. La première femme ministre s’appelait Germaine Poinso-Chapuis, elle faisait partie du cabinet de Robert Schuman en 1947. Elle est restée 9 mois ministre de la Santé. 

Alors Françoise Giroud n’est donc pas la première ? Certes, mais elle inaugure ce jour le tout nouveau secrétariat d’état à la condition féminine. Une première. Elle a l’habitude. L’huissier salue Madame Giroud qui s’engouffre dans le Palais. À la tête de son secrétariat d’Etat, elle lancera les célèbres Cent Une Mesures en faveur des femmes. Par exemple : la mise en place de droits propres, la lutte contre les discriminations, déjà, et l’ouverture des métiers dits masculins. Françoise Giroud sera ministre trois ans. Enchaînant avec la culture, avant de reprendre cette plume qui lui est si chère. Depuis on a connu une femme premier ministre, Edith Cresson en 1991 sous le septennat de François Mitterrand. On a aussi imposé la parité par la Loi. Et un sondage de 2015 affirmait que 94 % des Français seraient prêt à élire une femme Présidente de la République.

Théroigne de Méricourt

Anne Théroigne naît en 1762 dans ce qui n’était pas encore la Belgique, d’un couple de paysans. Elle devient le mouton noir de la femme avec laquelle son père s’est remarié. À tel point que l’enfant s’est enfuie pour devenir vachère, avant de devenir servante. À 17 ans, une anglaise va littéralement changer sa vie. Madame Colbert en fait sa dame de compagnie. Elle lui apprend à lire ou encore à jouer de la musique et à user de son joli grain de voix. Devenue cantatrice, elle décide de monter à Londres. À l’époque, une carrière de cantatrice est souvent liée à une carrière de courtisane. 

Anne Théroigne, qui est devenue Théroigne de Méricourt, n’échappe pas à a la règle. Elle vit de ses charmes à Londres, en Italie et à Paris où elle s’installe quand commence la Révolution Française. Ce qui se passe en France la passionne littéralement. Elle est l’une des premières femmes à suivre les débats de la toute nouvelle Assemblée Nationale. Prise pour cible par les royalistes, elle doit faire face à de multiples accusations, notamment sur son passé sulfureux. Ruinée, elle repart en Belgique où elle est arrêtée et accusée d’avoir voulu tuer Marie- Antoinette. Libérée, elle rejoint Paris et s’engage dans le club des Jacobins. Elle devient « L’amazone rouge », à cause de cette tenue d’amazone qu’elle revêt toujours. Et aussi parce qu’elle milite pour les droits des femmes, suggérant la création d’une phalange d’amazones pour défendre la patrie. Quand la terreur s’installe et que la guillotine s’emballe, Théroigne de Méricourt devient aussi une cible pour les révolutionnaires eux-mêmes. Elles-mêmes plutôt comme ces jacobines qui vont littéralement lui arracher ses vêtements et la fesser longuement en public jusqu’à ce que Marat n’intervienne. On dit que c’est à cause de ce terrible moment que Théroigne de Méricourt perd la tête. Elle est internée à la Salpêtrière. Elle y restera 23 ans avant d’y mourir oubliée de tous, y compris des révolutionnaires qui lui auraient coupé la tête si elle n’avait pas été déclarée folle. Tous sauf Eugène Delacroix se souviendra de Théroigne de Méricourt quand il peindra son plus célèbre tableau : La Liberté guidant le Peuple.

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