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Femme de lettres et femme d’Etat, Simone de Beauvoir et Catherine de Médicis.
Femme de lettres et femme d’Etat, Simone de Beauvoir et Catherine de Médicis. © Getty

Semaine droits des femmes : Simone de Beauvoir et Catherine de Médicis

Diffusion du mercredi 7 mars 2018 Durée : 5min

Arrêt sur la célèbre phrase « on ne naît pas femme on le devient », une citation de la célèbre philosophe de Simone de Beauvoir. Puis, nous partirons 4 siècles plus tôt aux côtés de Catherine de Médicis.

« On ne naît pas femme, on le devient ». Elle le confirme une fois encore à la télévision dans les années 70.  « Etre femme ça n’est pas une donnée naturelle. On inscrit dans son corps ce qui plus tard apparaîtra peut-être comme un destin ». Le destin de Simone Bertrand de Beauvoir a commencé le 9 janvier 1908 à Paris. Son père aurait voulu un garçon qui fasse polytechnique. Au lieu de ça il a eu une fille. C’est aussi sur ce regret de son père que Simone de Beauvoir bâtira son esprit. C’est à 15 ans qu’elle décide qu’elle sera écrivain. Passionnée par les lettres, elle se lance dans les études pour obtenir l’agrégation de philosophie. C’est d’ailleurs sur les bancs de l’université qu’elle rencontre Jean-Paul Sartre, l’homme avec lequel elle partagera sa vie. D’égal à égal. Pas comme ses propres parents. Pas comme bien des couples à son époque et même aujourd’hui encore. Une relation qui répond à « un amour nécessaire » mais qui n’y est pas réduite. Devenue enseignante, elle se fait connaître en publiant en 1949 « Le deuxième sexe », livre dans lequel elle écrit cette phrase fondatrice du féminisme « On ne naît pas femme, on le devient ». Populaire, elle est une des pionnières du mouvement de libération des femmes, dont elle rappelle souvent le but quand elle passe à la télévision « En apprenant aux femmes à dire ce qu’elles ont sur le cœur, on les aide à prendre conscience de l’injustice de leur condition, et du même coup à la refuser, et si elles se sentent unies, qu’il y a d’autres femmes à mener le même combat, je pense qu’elles se sentiront beaucoup plus prêtes à entamer cette lutte ». Plusieurs dizaines d’années plus tard, cette lutte continue.

Catherine de Médicis

La légende la dépeint femme à secret, calculatrice, amatrice de poisons, usant des beautés de la cour pour mener les hommes comme elle voulait. Son nom reste taché du sang de la Saint Barthélemy. 

Catherine de Médicis est née à Florence le 13 avril 1519, elle est issue de ces Médicis dont elle a hérité l’intelligence brillante et un don naturel pour la politique. En 1533, elle est mariée à Henri, le fils de François 1er qui deviendra Henri II. Mariage compliqué puisque d’abord elle doit partager son mari avec Diane de Poitiers sa maîtresse. Ensuite le couple n’arrive pas à avoir d’enfants. C’est au bout de longues années de mariage que le couple découvre la méthode. Et elle fonctionne si bien que 10 enfants naîtront de cette union dont 7 survivront. Trois seront rois de France : François II, Charles IX et Henri III. À la mort de son mari, alors même qu’on ne reconnaît que fort peu de droits à la mère du roi, son intelligence et son charisme lui permettent de s’imposer. Elle devient régente. Le boulot ne sera pas facile. À cette époque, les luttes entre catholiques et protestants font rage. Alors que la plupart des princes d’Europe optent pour la méthode forte pour faire rentrer dans le rang les sujets d’une autre religion qu’eux, Catherine de Médicis va tenter toute sa vie d’imposer une cohabitation. Elle accorde même la liberté de conscience aux protestants. Une politique qui va échouer. 

Pour celer la réconciliation religieuse, Catherine décide de marier sa fille Margot, catholique, avec Henri de Navarre, protestant. Le mariage sera l’occasion de la terrible Saint-Barthélemy qui verra le massacre des protestants de Paris et de nombreuses villes de France. On a dit que Catherine de Médicis a poussé son fils Charles IX à ce massacre. On sait aujourd’hui que c’est plus compliqué que cela. Contente de l’élimination des chefs protestants qu’elle jugeait ingérables, elle sera dépassée par un extrémisme qu’elle n’a jamais compris. Lectrice de Machiavel le Florentin, comme elle pleine de contradiction, elle a pourtant toujours gardé l’objectif de maintenir la France, héritage de ses enfants. Catherine de Médicis, entre ombre et lumière, est une de nos plus anciennes femmes d’Etat.

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