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Françoise-Athénaïs de Rochechouart, marquise de Montespan.
Françoise-Athénaïs de Rochechouart, marquise de Montespan. © Getty

Versailles, son château, sa cour, son roi… et ses voleurs !

Diffusion du mercredi 12 septembre 2018 Durée : 3min

Versailles. Le plus beau château du monde. La cour de Marbre. Les courtisans, le roi et les voleurs. il faut dire que l'on entre à Versailles comme dans un moulin. On exige simplement une tenue correcte et porter une épée. Et si on n’a pas d’épée, on peut en louer une à l’entrée.

Il s'agit d'un vieux principe royal qui veut que chacun puisse approcher le roi. Cela ne va pas sans risque. En 1745, par exemple, on frémit rétrospectivement de peur quand deux visiteurs du château, s’étant un peu perdus dans l’immense palais, ouvrent une porte au hasard et tombent dans le bureau de Louis XV, sa pièce la plus privée. Heureusement qu’ils n’avaient pas dans l’idée de le tuer.

Plus tôt, le vol est une véritable plaie sous le règne du Roi Soleil. Les fêtes, notamment, sont une grande occasion de voler tant il y a du monde et tant on est sur son 31. Par exemple lors du mariage du Duc de Bourgogne, petits fils de Louis XIV, plusieurs dizaines d’invités découvrent effarés que dans la presse on leur a volé les diamants qui leur servaient de boutons.
Plus tôt, en 1694, en pleine de soirée de gala, un voleur coupe la bourse accrochée à la culotte d’un capitaine des suisses, autrement dit un des chefs de la sécurité. 100 pistoles ! Une fortune. Même quand on est de bonne volonté on est volé.

Mademoiselle de Chateautiers, dame d’honneur de la Palatine, se fait piquer l’argent qu’elle avait collecté pour les pauvres. Louis XIV lui-même n’est pas épargné.
Le 21 juin 1691 on vole les franges d’or qui ornent les meubles de la galerie des glaces. On enquête. Et visiblement ça fait peur au coupable qui rend les franges, avec du culot ! Le 26 juin, alors que le roi dîne en grand apparat devant sa cour, un paquet vole par-dessus les courtisans et atterri juste à côté du roi. « Je pense que ce sont mes franges » dit le roi. On ouvre le paquet, et effectivement les franges sont là avec un petit mot assez peu respectueux « Tiens voilà tes franges !». Personne n’a vu qui a jeté le sac.

L’affaire est parfois romantique. Alors qu’on lui annonce le nom du criminel qui a volé les gros diamants de son fils, le roi commue la peine de mort qu’on devrait infliger au coupable. Pourquoi ? Parce que l’homme a volé les diamants pour les offrir à sa maîtresse. Un ange passe. Tout le monde regarde la Maîtresse en titre du roi, la Montespan, elle est couverte de diamants.
Aujourd’hui il arrive qu’on vole encore à Versailles. Les pickpockets. Que voulez-vous, à Versailles la tradition reste la tradition !