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 Sculpture de l'empereur Vespasien au complexe des thermes romains de Bath (UK), un site d'intérêt historique.
Sculpture de l'empereur Vespasien au complexe des thermes romains de Bath (UK), un site d'intérêt historique. © Getty - Olaf Protze

Vespasien a donné son nom aux vespasiennes, ancêtres des uritrottoirs

Diffusion du jeudi 11 octobre 2018 Durée : 3min

Quel empereur a donné son nom à des toilettes pour hommes ?

Les Uri trottoirs sont donc apparus à Paris. Surprenants à tel point qu’on a vu des équipes de journalistes américains, japonais, venir filmer ces pissotières d’un nouveau genre. Un réceptacle rouge destiné à recueillir l’urine et à alimenter un bac à fleurs situé juste au-dessus. Très discutés, ces Uri trottoirs prennent la suite de ce qu’on appelait autrefois les vespasiennes. 

Ces vespasiennes on les trouvait, et on les trouve parfois encore, dans Paris et certaines grandes villes. Elles sont uniquement destinées aux hommes puisqu’il faut être debout pour s’en servir, à la différence des toilettes publiques. Avant ces installations, on faisait où on pouvait, quand on pouvait. On n’était d’ailleurs pas à ça près, notamment au Moyen Âge, tant la rue charriait d’immondices et tant les odeurs étaient déjà fortes puisqu’il n’y avait pas d’égouts. On faisait sa petite affaire où on voulait. Pareil au Louvre, et jusqu’à Versailles, dont on dit qu’il a fallu parfois évacuer le château pour le nettoyer complètement. 

En 1770, Sartine, le lieutenant de police de Paris, n’en peut plus. Il fait annoncer que « de par le roi » on installera des barils d’aisance dans Paris. À tous les coins de rue ajoute-t-il. Ce sera partiellement fait. C’est en 1834 qu’on a inventé ce qu’on a appelé la Vespasienne. C’est le comte de Rambuteau, préfet de Paris, qui en fait installer 468 très précisément. Et c’est à lui qu’on doit ce nom de Vespasienne. Agacé par le fait qu’on appelle ces urinoirs en hauteur les colonnes Rambuteau, il a bien vite fait savoir qu’en fait on devait les appeler Vespasienne, du nom de l’empereur Vespasien à qui on attribue deux choses. La première c’est l’invention d’un impôt sur l’urine. La seconde, qui découle de la première si j’ose dire, c’est qu’à ceux qui rigolaient d’un impôt aussi bizarre, l’empereur aurait répondu « L’argent n’a pas d’odeur ». On sait bien sûr que c’est faux. En fait, si Vespasien a bien installé un impôt sur l’urine, c’est aux teinturiers qu’il l’a fait payer puisque l’urine humaine servait à fixer les couleurs. On baignait les tissus longuement dans des bassins d’une urine que les passants pouvaient livrer gratuitement via de petits pots posés devant l’atelier. Aucun point commun avec l’invention à laquelle Vespasien a donné son nom. Si ce n’est peut-être que l’empereur, créateur de nouvelles lois romaines, constructeur du célèbre Colisée, demi-dieu de son vivant est mort d’une diarrhée.