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Des officiers visitent une tombe recouverte de fleurs en France pendant la Première Guerre mondiale.
Des officiers visitent une tombe recouverte de fleurs en France pendant la Première Guerre mondiale. © Getty - Topical Press Agency

Veuves et orphelins, quand la France de 1918 est aussi vêtue de noir

Diffusion du mardi 6 novembre 2018 Durée : 3min

La France de novembre 1918, c’est une France qui exulte sa joie en bleu blanc rouge, mais qui est bien souvent aussi vêtue du noir du deuil.

Quand sonnent les cloches de l’armistice, le soulagement est général. Du délire, dans les rues des villes et des villages. On brandit les drapeaux. On a aussi un peu de mal à y croire tant la guerre a fini par s’installer dans la vie quotidienne. Ceci dit, tout le monde ne peut pas laisser éclater sa joie ce 11 novembre 1918.

On ne compte plus ces familles qui ont vu arriver le maire venu leur remettre ce terrible télégramme, cette affreuse lettre, qui annonçait la mort d’un proche. Père, enfant, frère. Ils sont 1 350 000 soldats à être « Morts pour la France ». 10 % de la population active masculine française de l’époque. Des chiffres vertigineux qui ne rendront jamais compte, et j’en suis bien conscient, de l’infinie tristesse qui s’est abattue sur les familles. Sur les histoires tragiques qu’elles ont vécues. La vôtre peut être. Ma grand-mère, m’a souvent raconté avec les larmes aux yeux comme on voyait toujours aux commémorations « les dames en noir ». Ces veuves de guerre, qui ne se sont pas remariées. Elles étaient 600 000 veuves de guerre en 1918. Une petite moitié s’est remariée. Pas facilement tant hommes étaient moins nombreux que les femmes. 600 000 femmes à qui l’État n’a pas donné grand-chose d’ailleurs. 

La Grande Guerre ce sont aussi 986 000 orphelins. En 1917, la France a pris conscience de la détresse de ces enfants dont le père n’était plus là pour les protéger. On a alors institué, par la loi du 22 juillet 1917, l’adoption par la Nation des orphelins dont le père a été déclaré mort ou disparu à l’ennemi. Les enfants ont été déclarés « pupilles de la Nation ». À ce titre, certaines aides leur ont été accordées, au niveau social, scolaire et même médical. C’est peu au regard de la perte tragique, mais c’est la Nation tout entière qui leur a marqué respect et affection.
Ce statut de Pupille de la Nation que nous avons hérité de la Grande Guerre n’a jamais été aboli. Il existe toujours. Il est accordé aux enfants dont les parents sont décédés en opérations extérieures ou ont été victimes du terrorisme. Ainsi en 2015 par exemple, onze enfants ont été adoptés par la Nation après les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hypercacher. 

À nous tous de prendre soin de ces gamins dont les parents sont morts pour la France.