Les squelettes du Monoprix Réaumur-Sébastopol

Isabelle Abadie, archéo-anthropologue de l'INRAP

Émission 

Les surprises des sous-sols du boulevard Sébastopol...

Ils reposaient sous les caves du magasin, il a fallu des travaux d’agrandissement du Monoprix Réaumur-Sébastopol pour les mettre au jour. Une équipe de l’INRAP, l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives, les ausculte depuis patiemment. Sur une centaine de mètres carrés, les archéologues ont recensé environ 220 squelettes inhumés dans huit fosses communes. On sait avec certitude que ces restes humains proviennent  du cimetière de l’hôpital de la Trinité, fondé au XII° siècle, détruit à la fin du XVIII° siècle, là où fut construit dans les années 1900 le magasin Félix Potin, ancêtre du Monoprix actuel. La méthode d’enfouissement des cadavres, déposés tête-bêche dans la plus grande fosse commune pour qu’ils prennent le moins de place possible, traduit à coup sûr une crise de mortalité. Mais la cause – épidémie de peste ou de variole, fièvres, famine – n’est pas encore établie avant les résultats des prélèvements ADN. En plein coeur de Paris, « une très belle découverte » qui apportera beaucoup sur le milieu hospitalier de l’époque médiévale à l’époque moderne, racontent les archéologues Isabelle Abadie et Jérémy Gourinel.

Partager sur :