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Le retour des semences anciennes

Par le lundi 16 janvier 2017
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L’Ardear organise des bourses d’échanges de semences

Avec la mainmise d’une poignée de multinationale et une réglementation toujours plus compliquée, on assiste chaque jour à la disparition de variétés agricoles. Mais voilà, la résistance existe ! Et elle mérite un coup de projecteur.

Cette résistance se traduit en l’occurrence par des bourses d’échanges de semences organisées par l’Ardear, l’Association pour le Développement de l’emploi agricole et rural. L’Ardear est née en 2004 grâce à l’envie de quelques hommes de reconquérir leur autonomie semencière ! Et aussi d’arrêter de se fournir auprès des géants qui règnent sur le marché.

Le catalogue des variétés officielles, proposé par les grandes firmes, présente des produits qui s’adaptent mal aux terres bios. Ces semences-là ne sont viables qu’accompagnées d’une armée de produits chimiques. Du coup, la première idée de l’association consistait à trouver des variétés plus adaptées à leur travail. Le petit groupe de paysans commencent d’abord par rechercher quelles étaient les céréales qui étaient autrefois cultivées dans leur région. Leur enquête les mène chez des particuliers qui ont continué de cultiver des semences non inscrites au catalogue officiel pour leur consommation personnelle et à l’INRA. L’inra c’est l’institut national de la recherche agronomique, sa mission est de répertorier des espèces non inscrites au catalogue.

Dès lors, l’objectif de l’Ardear est d’organiser la diffusion et le partage de l’information grâce à ces bourses d’échange !

Des semences libres de droit

La loi interdit en effet la vente de semences non inscrites au catalogue officiel. En revanche l’échange de semences en vue d’un « travail expérimental » ou encore dans le cadre de « l’entraide générale » est encore autorisé… Traduction pour nos paysans : ils ont la possibilité d’échanger librement les semences qu’ils ont sélectionnées et développé dans leurs champs.

La particularité de leurs graines est qu’elles sont anciennes, voire totalement tombées aux oubliettes mais surtout elles ont toutes été semées, sélectionnées et entretenues directement sur leurs terrains… Ça veut dire quoi ? Qu’elles sont libres de droits ! Donc non soumises à la propriété des quelques multinationales qui se partagent le gâteau. Au final, on en compte beaucoup et il n’est pas toujours simples ni de les connaître ni de savoir comment les cultiver, même pour les paysans les plus aguerris ! C’est pourquoi des formations sont régulièrement organisées entre paysans afin de partager les expériences des uns et des autres.

Autre point positif, à travers cet intérêt et ces recherches, les paysans se réapproprient l’essence de leur profession. Grâce à cette initiative, on compte à ce jour plus de 250 variétés de céréales à paille et de maïs qui sont ainsi cultivées et préservées sur les fermes.