L'édito de Jean-Laurent Bernard

Edito - Est-il vraiment nécessaire de se souvenir du débarquement de Normandie, le 6 juin 44 ?

L'édito de Jean-Laurent Bernard

Têtes couronnées, chefs d'Etat, vétérans, et des dizaines de milliers d'invités... Les commémorations vont se succéder vendredi 6 juin, pour célébrer le 70e anniversaire du débarquement sur les plages de Normandie.

Est-il vraiment nécessaire de se souvenir du débarquement de Normandie, le 6 juin 44 ?

Oui, sans l'ombre d'une hésitation. Non pas pour être dans le politiquement correct, ce qui au passage ne manquerait pas de cynisme à l'égard des morts et des survivants de ces jours de folie où des milliers de soldats venus du monde entier mettaient un pied sur le sable du chemin de guerre qui devait les conduire jusqu'à Berlin.

Il faut souligner, répéter à l'infini que ceux qui sont venus mourir chez nous n'ont pas eu forcément le choix, loin s'en faut, que le sens du devoir et l'honneur de la patrie sont évidemment respectables mais ne valent pas tripette lorsque rien ou presque ne vous protège des tirs de l'ennemi.

Si autant de chefs d'état, de délégations se retrouvent aujourd'hui sur les plages de Normandie ou à Paris, ce n'est pas simplement pour le plaisir des photos de famille. Espérons que tous ces dignitaires gardent un peu de cette conviction farouche qu'il faut montrer à chaque instant que la paix est possible. Il ne peut y avoir d'indécence lorsque l'on marche dans la trace de nos parents qui ont eu à mettre leur vie en péril.

De l'Ukraine au Mali, de la Syrie à la Centrafrique, le sang a toujours la même couleur. L'injustice, la haine, la barbarie se portent atrocement bien. D'où l'immense responsabilité des gouvernants que d'afficher pendant quelques heures une sérénité que l'on voudrait transformer en paix inébranlable.

Au regard de notre histoire, les morts du débarquement ont une valeur inestimable, au regard d'aujourd'hui, ils sont la mauvaise conscience des va-t-en-guerre à qui il faut souhaiter les pires insomnies à l'idée de revivre un jour ces heures de cauchemar...