Edito - le président de la république une nouvelle fois malmené avec son projet de réforme des régions.

L'édito de Jean-Laurent Bernard

Les critiques sont venues de la gauche comme de la droite. La précipitation du projet présidentiel pose question sur sa solidité d'autant que des "aménagements restent possible" !

Accusé tout à la fois d'avoir rendu une copie plus proche du brouillon que d'un projet solide, d'avoir effectué des regroupements plus politiques qu'économiques et de ne pas avoir demandé leur avis aux élus régionaux, François Hollande a une fois de plus était taclé autant à droite qu'à gauche. C'est d'ailleurs tout le charme de cette France des régions persuadée que Paris a forcément tort dès qu'il propose une réforme. Pourtant tous ces chers élus nous affirment la main sur le cœur que notre pays n'en peut plus de ses strates administratives qui paralysent et coutent une fortune. Avec cette conclusion mille fois entendue, oui aux réformes mais pas chez moi. A la limite on se moque un peu de savoir qui fera quoi demain lorsque les régions seront pour partie regroupées, les conseils généraux enterrés et les métropoles sur les rails. L'essentiel est de bien répartir les compétences, de dépenser moins et d'être plus efficace.

Des corporatismes très électoralistes

A terme les élus seront moins nombreux, ce n'est pas forcément eux qui coutent le plus cher, mais la politique est faite aussi de symboles censés ravir le peuple. Entre internet, les autoroutes, le TGV ou les avions, les distances et le temps se sont singulièrement raccourcis depuis 20 ans. En revanche nos performances économiques restent amputées par des lourdeurs administratives et des cloisonnements d'un autre âge. En mariant Toulouse et Montpellier, Strasbourg et Nancy ou Lyon et Clermont Ferrand, personne n'y perdra son âme et ses racines. Les entreprises et les touristes ont depuis longtemps déjà fait tomber les frontières, la carte de France ne changera pas d'un centimètre si cette réforme va au bout des résistances corporatistes.

 

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