Edito - le procès Bonnemaison, une tribune pour les défenseurs de l'euthanasie ?

L'édito de Jean-Laurent Bernard

Nicolas Bonnemaison risque fort de se trouver "récupéré" autant par les défenseurs que par les opposants à l'euthanasie. Preuve des limites d'une loi générale pour des cas toujours très particuliers.

C'est possible, bien sûr. La justice se trouve une fois de plus dans une situation intenable, on attend d'elle et c'est normal qu'elle dise le droit, mais le droit ne peut pas répondre à l'extraordinaire complexité de l'instant qui sépare la vie de la mort. Il sera sans doute déclaré fautif et peut-être coupable d'avoir agi seul mais on pressent bien que le geste qui accompagne de l'autre coté de la rive ne se juge pas à coups de polémiques ou de surenchères. Ecartons les ayatollahs qui interdisent toute aide à mourir ou à l'inverse réclament une liberté absolue. Il n'y a pas une euthanasie, une façon de mourir avec plus ou moins de dignité. Des mots qui ne valent pas grand chose lorsqu'ils se heurtent à une souffrance inhumaine, à une fin de vie réclamée. Evidemment il n'est pas question de cautionner les personnels médicaux qui sous des prétextes inacceptables ont abusé de leur pouvoir.

De l'immense difficulté à trouver une solution la moins mauvaise possible sur fond de douleur et de solitude

En revanche le bon sens doit s'imposer lorsque dans le secret d'une chambre, la famille et les médecins décident de passer à l'acte. Qui peut croire une seconde que ce moment soit simple alors qu'il s'agit d'arrêter une machine, de pousser un peu plus une seringue ou de ralentir un traitement? Celles et ceux qui ont tenu une main qui s'abandonne savent bien que ces secondes sont terribles et ne peuvent être clonées uniquement par les articles d'une loi. La dignité s'impose pour tenter d'aller le plus loin possible dans l'accompagnement.  A chacun sa vérité. Le plus difficile est de décider. Pour chaque homme. Pour chaque femme. Pour être unique jusqu'à la dernière seconde. 

 

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