Replay du dimanche 28 mars 2021

Les techniques de paillage au jardin

- Mis à jour le

Paille, foin, fumier, feuilles, copeaux, BRF, films plastiques ou litières minérales, les paillages sont devenus des techniques incontournables pur la plupart des cultures.

 Paillage minéral sur toile synthétique
Paillage minéral sur toile synthétique - Jacques Ginet

Une utilisation ancestrale

Depuis longtemps l’homme s’est rendu compte que la paille était un bon isolant. Au XIXème siècle et début du XXème (je ne suis pas allé plus loin dans mes recherches) les maraichers, les horticulteurs et les pépiniéristes utilisaient la paille pour protéger leurs cultures des derniers petits gels. Parfois à défaut de paille ils utilisaient du foin.  

Mais bien vite la paille a montré ses capacités à protéger aussi de la chaleur en laissant toutefois passer l’air. On s’est même aperçu qu’en épaisseur suffisante, elle gênait la levée des graines donc diminuait l’enherbement et c’était important à un moment où les désherbants n’existaient pas.  
En plus elle permet d’éviter le « battement » de l’eau lors des arrosages ou de la pluie.  

Les paillages.

Le monde amateur n’a pas toujours des bottes de paille sous la main, c’est plutôt un produit que l’on trouve en agriculture.
De plus, la paille a une durée de vie sur le terrain limitée à quelques mois, alors on a cherché ce qui pourrait la remplacer. 

Le plastique,

A l’air de la pétrochimie, le plastique s’est vite imposé pour une partie des utilisations du paillage : la lutte contre les adventices et la protection contre les éclaboussures de terre comme pour les cultures de fraises par exemple.
Malheureusement cette technique génère beaucoup de déchets polluants. 

Les textiles,

Pour habiller les talus plantés d’arbustes et lutter contre l’érosion on a produit des toiles synthétiques ou à base de fibres naturelles mais l’esthétique n’est pas terrible.
En plus, si le sol est déjà envahi d’adventices vivaces, celles-ci trouvent très vite le moyen de sortir de sous le paillage en passant par les trous de plantation ou par les bords de la toile et là il devient très vite très difficile de les déloger.

problème d'adventices avec paillage minéral sur toile
problème d'adventices avec paillage minéral sur toile - Jacques Ginet

Les copeaux, le BRF, coquilles de noix (pour les dauphinois).

Les copeaux d’écorce ou de bois présentent l’avantage d’être un peu plus longs à se dégrader que la paille, mais sur le long terme et si on recharge plusieurs fois la culture, le bois dégradé s’intègre à la terre, apporte de la matière organique au sol mais fait monter le rapport C/N (Carbonne/Azote). Pour le BRF (Bois Raméal Fragmenté), ces particularités sont à peu près les mêmes. 

Le minéral,

Positionné sur un film plastique ou sur toile, les minéraux : graviers, billes d’argile, de verre, tessons de briques, ardoises concassées, peuvent améliorer l’effet décoratif de l’ensemble, mais il faut une épaisseur au moins égale à 10 cm pour gêner l’implantation des adventices en occultant la lumière au sol. 

Paillage mineral sur toile
Paillage mineral sur toile - Jacques Ginet

Le fumier pailleux,

De cheval ou de mouton, le fumier peut faire un excellent paillage-engrais. Il protège du chaud, du froid, amortit la pluie et fourni rapidement de l’azote à la culture. Par contre il contient beaucoup de graines qui resteront dans le sol pour les cultures suivantes. 

Les feuilles.

C’est un produit gratuit, parfois un déchet dont les capacités isolantes sont proches de la paille et du fumier. C’est aussi un produit neutre qui se décompose en ne laissant pas trop de carbone dans le sol. Les feuilles sont très appréciées de la faune du sol :  vers, myriapodes, collemboles, cétoine etc.

Paillage de cassis avec des feuilles
Paillage de cassis avec des feuilles - Jacques Ginet

Les tontes de gazon,

Peuvent être intéressantes si elle ont auparavant été préfanées afin de ne pas pourrir en dégageant des odeurs pestilentielles. 

Le compost.

Peu décomposé il peut faire un paillage mais que j’estimerais de second choix. 

Attention,

Comme pour chaque bonne chose il y a un revers. Si le paillage abrite du soleil ou du froid il le fait aussi pour les indésirables, limaces et surtout rongeurs. Le paillage d’hiver sur plusieurs années au foin par exemple, peut être la cause de l’envahissement des terrains par les campagnols et les mulots, bien à l’abri du froid et surtout des prédateurs.
 

On a aussi testé les coques de cacao, pas toujours faciles à trouver en quantité, mais très intéressantes car en plus du parfum agréable de chocolat qu'elles dégagent, elles contiennent un liant naturel qui les coagulent dès le premier arrosage et leur assure une bonne stabilité malgré leur légèreté.

Il n’y a que l’embarras du choix. 

Ecoutez l’émission jardinage du dimanche matin sur France bleu Isère de 9 heures à 10 heures. Vous pouvez appeler pour poser vos questions ou donner un avis au 04 76 46 45 45 

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