Replay du dimanche 27 juin 2021

Les stimulateurs de défense des plantes, vous connaissez ?

Dans la dynamique de diminution de l’usage des produits phytosanitaires dangereux, les stimulateurs de défense naturelle (SDN), aussi appelés stimulateurs de défense des plantes ont un rôle à jouer en déclenchant des réactions de défense.

Oïdium sur rosier
Oïdium sur rosier - Jacques Ginet

Dans la dynamique de diminution de l’usage des produits phytosanitaires dangereux, les stimulateurs de défense naturelle (SDN), aussi appelés stimulateurs de défense des plantes ont un rôle à jouer en déclenchant des réactions de défense.

Comment ça marche ?

Les végétaux, contrairement aux animaux pluricellulaires, n’ont pas de système nerveux, ni de cellules spécifiques dédiées au système immunitaire.
Mais ils ont d’autres moyens de répondre aux agressions extérieures. 

Corineum et Oïdium sur Prunus laurocerasus
Corineum et Oïdium sur Prunus laurocerasus - Jacques Ginet

Quels sont ces produits utilisés par l’homme ?

Ces produits peuvent être des microorganismes ou des extraits d’organismes vivants, bactéries, champignons, algues, ou encore des molécules de synthèse. Leur principal intérêt est de déclencher chez les végétaux des réactions qui peuvent être un durcissement des parois cellulaires, une production interne de produits toxiques pour des parasites, ce qui est très différent des autres produits phytosanitaires qui agissent directement sur le parasite.

Un peu d’histoire

Pour être un produit phytosanitaire, au sens large, et donc avoir une AMM*, il faut démontrer l’efficacité de la substance et cela était assez difficile avant 2007 car les processus induits par ces produits étaient encore très mal connus.
De plus, l’efficacité de ces substances actives dépend souvent de conditions abiotiques, température, hygrométrie, lumière, pH. 

Actuellement, l’efficacité des SDN est admise et il y a notamment de nombreux microorganismes qui ont obtenu leur AMM.
Mais pour éviter les fraudes et les poudres de Perlimpinpin, les SDN sont soumis à la règle des AMM. 

Et l’accès au grand public ?

La plupart des SDN, ceux qui sont à base de microorganismes ou de produits naturels simples, ont l’appellation Produits de Biocontrôle, c’est-à-dire qu’ils sont éligibles à l’usage autorisé en jardin amateur (EAJ).
Par contre pour le moment il y en a très peu qui sont accessibles aux amateurs. Pour cela il faut que les firmes qui ont obtenu les AMM pour usage professionnel déposent un dossier supplémentaire.

Oïdium sur noisetier
Oïdium sur noisetier - Jacques Ginet

Quelles substances autorisées en jardin amateur aujourd'hui ?

Bacillus subtilis str. QST 713
Usages reconnus :  bactérioses, botrytis, oïdium, feu bactérien, tavelure, moniliose.

Bacillus amyloliquefaciens ssp. plantarum souche D747
Usages reconnus : Pourriture grise, sclérotinioses, moniliose, Oïdium, Feu bactérien

Saccharomyces cerivisae
Usages reconnus : Pourriture grise, sclérotinioses, Moniliose

La connaissance des mécanismes de défense des plantes sont encore mal connus, de même que les mécanismes d’actions des SDN, mais la recherche avance vite sur ce sujet et chaque année de nouveaux usages sont découverts et homologués.
Il y a fort à parier que d’ici quelques années, le visage de la lutte antiparasitaire pour les végétaux aura beaucoup évolué vers une forte diminution des produits phytosanitaires curatif au profit de techniques prophylaxiques.

*AMM : Autorisation de mise sur le marché, sésame indispensable légalement pour pouvoir commercialiser et utiliser tout produit phytopharmaceutique, y compris les produits utilisables (UAB) en agriculture biologique.

Posez toutes vos questions au cours de l’émission jardinage le dimanche matin sur France bleu Isère de 9 heures à 10 heures en appelant au 04 76 46 45 45