Replay du dimanche 7 février 2021

Mieux que le Bio : la Protection Biologique Intégrée

- Mis à jour le

Qui n’a jamais eu l’espoir de ne plus avoir besoin d'utiliser de produits phyto ? C’est presque possible en suivant le concept de la PBI (protection biologique intégrée).

Syrphe ceinturé Episyrphus balteatus
Syrphe ceinturé Episyrphus balteatus - Jacques GINET

Ce qui caractérise la PBI :

D’abord, la meilleure façon de lutter contre des parasites est de ne pas leur facilité la tâche. Les méthodes culturales sont le premier rempart contre ces indésirables, fumure équilibrée, arrosage bien dosé et aération abondante.
Ensuite, la lutte doit utiliser ce qui présente le plus faible impact sur la santé et l’environnement.

Pucerons parasités (momies) par un braconidé, sur feuille de laurier rose
Pucerons parasités (momies) par un braconidé, sur feuille de laurier rose - Jacques GINET

L’utilisation du vivant. 

Toutes les ressources du vivant sont mises à contribution. Depuis les chats qui chassent les rongeurs ou les oiseaux qui se nourrissent d’insectes jusqu’aux micro-organismes comme les champignons, levures, bactéries ou même les virus.

Anthocoris nemoralis, micro punaise entomophage, Auxiliaire produit en élevage
Anthocoris nemoralis, micro punaise entomophage, Auxiliaire produit en élevage - Jacques GINET

Il y a deux catégories d’organismes utiles à la PBI :

Les macro-organismes, que l’on nomme "auxiliaires" regroupent tous les organismes pluricellulaires organisés : mammifères, oiseaux, reptiles et amphibiens, insectes, acariens, et vers microscopiques (nématodes).

Larve de Syrphe dévorant des pucerons (Jusqu'à 50 par nuit)
Larve de Syrphe dévorant des pucerons (Jusqu'à 50 par nuit) - Jacques GINET

Les micro-organismes : champignons, levures, bactéries et virus, qui sont considérés légalement comme des produits phytosanitaires, donc soumis à la même réglementation.

Des priorités.

La logique de la PBI impose de prioriser l’usage des macro-organismes car ils sont plus sélectifs.
Lorsque les insectes, les acariens ou des vers entomophages n’ont plus de proies ils se mettent au repos (diapause) ou disparaissent tout simplement. Il n'y a donc pas d’impact néfaste sur l’environnement. Généralement on les retrouve d’une année sur l’autre.

De plus l’usage simultané de produits phytosanitaires, de synthèse ou Bio est très souvent néfaste aux auxiliaires. 

Comment en trouver ?

Il y en déjà beaucoup dans le milieu qui nous entoure mais il aussi est possible de les acheter à des laboratoires d’élevage.

Chrysope adulte, Demoiselle aux yeux d'or
Chrysope adulte, Demoiselle aux yeux d'or - Jacques GINET

Les risques. 

Ils sont bien maîtrisés car s’il n’y a pas besoin d’autorisation pour utiliser les macro-organismes indigènes, il faut maintenant une autorisation d’introduction pour les organismes exogènes, obtenue après une mise à l’étude de plusieurs années pour maitriser des risques éventuels.

C’est un très grand pas en avant dans de la lutte antiparasitaire.

Ce principe de culture qui utilise prioritairement le vivant n’est pas un dogme mais plutôt une éthique de culture. 

Basée sur l’observation et la connaissance des organismes vivants liés à une culture, cette technique est dynamique et évolutive. Elle s’adapte en permanence au milieu et privilégie l’installation d’auxiliaires à proximité des cultures par une bonne diversité floristique. Ces plantes sont appelées "plantes de services".

Historique.

C’est au début du XXème siècle que les producteurs d’agrumes du bassin méditerranéen ont été confrontés à une cochenille, Icerya purchasi, venue d’Australie qui ravageait leurs vergers d’agrumes. Ils ont eu l’idée d’aller chercher la solution dans la région d’origine du parasite, en Australie. 

Rodolia cardinalis, prédateur de la cochenille australienne des agrumes, Icerya purchasi
Rodolia cardinalis, prédateur de la cochenille australienne des agrumes, Icerya purchasi - Jacques GINET

Ils ont introduit en France une coccinelle, Rodolia cardinalis, qui est un féroce prédateur de cette cochenille.
Depuis, cette cochenille, qui reste présente en Europe, ne fait plus de ravages. On dit qu’elle est contrôlée par cet auxiliaire.

N’hésitez pas à m'appeler lors de l’émission jardinage du dimanche matin de 9 à 10 heures sur  France bleu Isère pour avoir des précisions sur cette méthode.

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