Replay du dimanche 7 mars 2021

Pommes de terre nouvelles : échelonner la production sans perdre de la quantité

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Une astuce toute simple pour planter tôt et étaler la production des pommes de terre nouvelles sans perdre trop de quantité.

Pomme de terre nouvelle "Belle de Fontenay"
Pomme de terre nouvelle "Belle de Fontenay" - Jacques Ginet

Qu’est-ce qu’une pomme de terre nouvelle ?

C’est une pomme de terre précoce que l’on ramasse avant maturité, souvent quand elle est encore petite, jeune, elle a une peau très fine qu’il n’est pas nécessaire de l’éplucher et qui cuit très vite.
Cette pomme de terre est aussi tendre et gouteuse. 

Comme les tubercules ne naissent et ne grossissent pas tous en même temps sur un pied, il est nécessaire de sacrifier le plant pour la récolte. Ainsi on perd sur deux tableaux : la taille des pommes de terre et la quantité de tubercules récoltés, d’où le prix élevé sur l'étal du primeur.

Quel intérêt de les produire dans son jardin ?

Avec peu de surface et peu de semences, on peut produire des «nouvelles » plus rentables économiquement que les pommes de terre de conservation. 

L’astuce 

Pour gagner du temps il faut choisir des plants germés (petits tubercules sélectionnés), mais on ne les enterre pas

Semences germées
Semences germées - Jacques Ginet

Le terrain.

Il n’a pas besoin d’être préparé profondément. Il suffit qu’il soit griffé sur 7 à 10 cm de profondeur. On peut lui apporter un peu d’engrais binaire  P & K  (phosphore et potasse) minéral ou organique, cela n’a pas une grande importance dans le cas présent.
On positionne les plants en lignes en les enfonçant à peine dans le sol (juste en appuyant un peu dessus). 

Mise ne place
Mise ne place - Jacques Ginet

Ensuite on les recouvre avec un peu de fumier de vache, de mouton ou de cheval un peu décomposé. Enfin on les recouvre encore de 10 cm de feuilles. 

Mise en place de fumier de vache
Mise en place de fumier de vache - Jacques Ginet

On en rajoutera un peu quand les pousses commenceront à pointer pour les protéger des gelées tardives et créer un bon paillage d’une bonne vingtaine de cm. 

Paillage
Paillage - Jacques Ginet

Dès que les plants commencent à fleurir on sait que les jeunes tubercules commencent à pousser. 

La récolte. 

C’est là que l’astuce devient intéressante. Il suffit d'&carter les feuilles au pied des plantes pour trouver les jeunes pommes de terres qui naissent et se développent en surface.
Il suffit alors de les détacher délicatement des racines et remettre les feuilles en place.
Ainsi les plantes ne souffriront pas et continueront à faire de nouveaux tubercules qu’on pourra récolter encore en deux à trois fois. 

Enfin, quand les fanes (tiges et feuilles) commenceront à jaunir il restera encore quelques bonnes pommes de terres mures qui pourront être récoltées comme des pommes de terre de conservation. 

Les parasites :

Le mildiou

C’est un champignon qui aime la chaleur et l’humidité. Il se développe quand la température atteint 18°C avec présence d’eau sous forme liquide liquide, c'est-à-dire avec de la rosée ou une bonne pluie.

Plutôt que de polluer le sol avec de la bouillie bordelaise, je conseille de pulvériser de temps en temps un stimulateur de défense des plantes comme le Bacillus subtilis ou la levure de bière (Saccharomyces cerivisae) sans danger pour l’homme ni pour l’environnement.

Le Doryphore : 

C’est un gros insecte coléoptère au dos bien bombé et dont les élytres des adultes sont rayées de jaune et noir, comme les gilets des valets d’entant.

Les larves et les œufs sont oranges et se trouvent principalement sous les feuilles. 

Plutôt que de traiter avec un insecticide non sélectif, il est possible de lâcher des larves de chrysope dès que des œufs ou des larves sont détectés. Mais si l’infestation est forte il est  bon de faire en plus un arrosage avec des nématodes entomophages tout suite après la récolte : Steinernema carpocapsae, Heterorhabditis megidis ou Heterorhabditis bacteriophora.

Il suffit que la terre soit maintenue bien humide au moment de l’épandage et dans la semaine qui suit. Ces petits vers microscopiques vont parasiter les larves qui restent dans le sol ou les adultes qui se mettent en diapause.

Plus grave, l’anguillule dorée.

C’est un nématode phytophage, très difficiles à détruire dont les femelles fécondées peuvent s’enkyster et résister à beaucoup de mauvaises conditions pendant 8 ans. Ces vers causent des déformations des tissus qui pourrissent ensuite.

Contre ces vers, le plus efficace est la rotation des cultures sur 4 ans au moins. Mais on peut aussi incorporer dans le sol, tout de suite après la récolte, avant que les femelles ne s’enkystent, de l’ail broyée ou arroser avec du jus d’ail.
On sait en effet que les alliacées, ails et oignons ont un réel effet contre les nématodes (même contre nématodes utiles malheureusement). 

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter un bon jardinage, de bonnes pommes de terre nouvelles.

N’hésitez pas à nous appeler le dimanche matin entre 9 et 10 heures sur France bleu Isère.

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