Replay du mardi 23 février 2021

Un horloger de Roanne dessine confinés et cons finis !

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Dessiner sur notre « drôle de vie », enfermés, et paradoxalement créer un lien social. Les dessins d'Eric Paratcha, horloger à Roanne sont devenus virus, eux aussi. Sur la toile d'abord, puis édités en deux livres.

Illustration - L'un des dessins d'Eric Paratcha
Illustration - L'un des dessins d'Eric Paratcha - Eric Paratcha

Dès le premier jour du premier confinement

Tout a débuté le 17 mars 2020, le premier jour de confinement en France. Eric Paratcha, horloger à Roanne, doit se résoudre à arrêter son activité professionnelle et à occuper ce nouveau temps libre. Plutôt que de sombrer dans la sinistrose, Eric ne cesse de griffonner, en écoutant la radio, en ne regardant pas les infos.

Il se lance le défi du dessin quotidien et va, tous les matins à huit heures, publier un dessin sur les réseaux sociaux. Le sourire des internautes devient contagieux, et les dessins deviennent une bonne thérapie à nos humeurs, à l'époque, claustrophobes.

J'étais surpris, artisan, je prenais très peu de congés. Un sentiment assez étrange – Eric Paratcha, horloger à Roanne devient dessinateur pendant le confinement.

Les dessins sont cyniques, amusants. Des dessins qui montrent ce que les sociologues s'ingénient à décrypter avec des mots. Le premier dessin représentait une file interminable de clients de supermarchés pour faire le plein de papier toilettes et de pâtes. Des confinés... cons finis. Clin d’œil à la bêtise humaine.  

Illustration - Le premier dessin, publié sur les réseaux sociaux le 17 mars 2020
Illustration - Le premier dessin, publié sur les réseaux sociaux le 17 mars 2020 - Eric Paratcha

« Cela faisait trente-cinq ans que je n'avais plus tenu de crayon. J'avais pris le crayon en main juste après l'attaque terroriste de Charlie Hebdo. Entre l'attaque et la nouvelle publication de Charlie Hebdo, c'était en 2015 », explique Eric.

Le(s) confinement(s), salutaire(s)

« C'est difficile d'avoir du temps de repos, le premier confinement a été, avec le recul, salutaire ». Photos et dessins, Eric Paratcha n'arrête pas pendant les périodes de confinement. Le couvre-feu lui permet de rentrer plus tôt à la maison.  Lui qui d’habitude est toujours pris par le temps, "un comble pour un horloger".

Des caricatures caritatives

Des caricatures de notre vie qui ont été le support de caritatif. Le premier livre, d'abord édité à 200 exemplaires, puis à 400, puis à 500 pour le Villeresthon (Téléthon de Villerest). La récolte s'élève à 1200 €. Il reste encore quelques exemplaires.

Et un second livre vient d'être publié, disponible auprès d'Eric Paratcha. Cette fois-ci les livres sont numérotés. Seuls quelques exemplaires existent, il n'y aura pas de réédition.

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