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L'histoire du jour avec Michel Cardoze

Du lundi au vendredi à 7h55 et 12h50

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Michel Cardoze nous raconte Jean Frédéric Phélypeaux, comte de Maurepas.

Par le mercredi 1 février 2017
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Portrait de Jean Frédéric Phélypeaux, comte de Maurepas (1701-1781)
Portrait de Jean Frédéric Phélypeaux, comte de Maurepas (1701-1781)

Le ministre de Louis XVI Maurepas aimait les pâtés de Périgueux, le gibier, les primeurs et les vins fins.

L’armateur et négociant Abraham Gradis comble le ministre ; il envoie par courrier rapide tout ce dont rafole le ministre et son collègue Sartine. Il s’agit pour Gradis d’obtenir au Conseil du Roi des Lettres patentes lui accordant aux Antilles, les même droits que les autres sujets du roi très catholique, lui qui est juif. « Les juifs en effet sont à peine tolérés outre mer, nous dit un historien, on ne les expulsait pas car ils étaient utiles ». En quoi ? Outre l’approvisionnement depuis plus d’un siècle, ils pouvaient, et Gradis s’y est employé, faire acquisition de propriétés en liquidation en récupérant les créances. Ainsi Gradis acquiert l’Habitation –ainsi est appelée une exploitation agricole- de M. de La Caze, colon à Saint Domingue, qui est son débiteur. Il fait de même dans le quartier des Nippes avec une exploitation de la succession Maignan, à compte à demi avec son confrère de Bethmann. A la Martinique, Gradis devient propriétaire de l’Habitation Prunes, pour les mêmes raisons : il récupère les biens d’un débiteur. Puis il faut recouvrer ce qu’on lui doit encore : alors il a besoin de faire agir les autorités de l’Etat, d’où les pâtés envoyés à Maurepas et Sartine, entourés de gibier à plumes et de vins fins. Les Lettres patentes de Louis XVI sont un morceau d’éloquence à la gloire des « sieurs Gradis, juifs portugais, négociants et armateurs de Bordeaux », ainsi sont-ils désignés par le document royal de 1779.