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L'histoire du jour avec Michel Cardoze

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François Mauriac chez lui en 1933 préparant son discours d'entrée à l'Académie française.
François Mauriac chez lui en 1933 préparant son discours d'entrée à l'Académie française.

Décembre 1952 : François Mauriac est Prix Nobel de Littérature.

Diffusion du vendredi 7 décembre 2018 Durée : 2min

1952 : François Mauriac est Prix Nobel de Littérature.

Dans son édition du 9 décembre 1952, Sud Ouest publie en Une la photographie de l’écrivain, à la fenêtre d’un train qui va le conduire à Stockholm. Mauriac est accompagné de son épouse et de son fils Jean,  journaliste de l’AFP. Le couple porte des manteaux à col de fourrure. Leur fils Jean est en pull et cravate sous la veste. Tous les trois ont un sourire éclatant. Heureux. Le même jour, le Journal annonce en titre « sanglantes émeutes à Casablanca-Prés de 50 morts dont  7 européens-Plusieurs blessés, nombreuses arrestations, dont celles des secrétaires de la CGT, membres du parti communiste. La situation est cependant rétablie ». François Mauriac se prononcera vite pour l’indépendance du Maroc et de la Tunisie. Le même jour, 9 décembre 1952, le Prix Interallié est attribué à Jean Dutourd pour son roman « Au Bon Beurre », satire cruelle d’une modeste famille de crémiers qui devient 47 fois millionnaire, avec châteaux et bijoux,  après avoir profité du marché noir et fait son beurre, sous l’Occupation, jusqu’à marier plus tard leur fille à un député. Il est plaisant de lire sous la plume de M. Henri Amouroux, bientôt red chef de Sud Ouest, un éreintage sévère du « chef d’œuvre manqué » - je cite- de Jean Dutourd. Chef d’œuvre manqué, tu parles !! Mauriac Prix Nobel pour son œuvre et ses engagements anticolonialistes, Dutourd prix interallié pour son roman cruel aux collabo, et Amouroux faisant la fine bouche devant le « Bon Beurre », trois mondes qui se croisent en 1952. C’est loin, mais c’est vivant !