L'histoire du jour de Michel Cardoze

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Les robots du Carnaval 2018 à Bordeaux
Les robots du Carnaval 2018 à Bordeaux - © Radio France - Stéphane hiscock

Une boutique disparaît et c’est un peu de Bordeaux qui fout le camp. Nous sommes au bas du cours Pasteur.

Diffusion du mercredi 23 janvier 2019 Durée : 2min

Une boutique disparaît et c’est un peu de Bordeaux qui fout le camp.

La boutique « Carnaval » au bas du cours Pasteur, juste avant la rue des Ayres, sur le même trottoir que l’ancienne Fac des Lettres et Sciences, devenue Musée d’Aquitaine, la boutique de tous les déguisements, disparaît. On y a trouvé toutes les farces et attrapes, depuis le coussin péteur jusqu’aux araignées qu’on glisse dans la serviette de table ou l’assiette molle. Devanture en mosaïque d’avant guerre à petits carreaux, vitrine toujours à la page, que de costumes, que de fêtes, ont été pensées, imaginées préparées en passant le seuil de cette boutique! Un jour récent depuis le tramway, j’ai vu la boutique défoncée par les travaux, vitrine vide, des affiches sales, bref, la fin, la mort. Je ne veux pas savoir ce qui suivra à cet emplacement, je préfère ignorer les fringues probables. Je sais déjà que la grande papeterie qui gîtait à deux pas, au bas de la rue Duffour-Dubergier, est remplacée par une succursale agrandie de la Banque Populaire. Je ne sais pas ce qu’il y a de populaire dans le remplacement par une banque du papier sur lequel on trace des mots et des phrases, mais bon, j’assume mon appartenance au monde d’avant. D’avant la fripe et l’argent jetable. Je regrette la boutique Carnaval. Au revoir et bienvenue hélas aux grandes surfaces de la fête où l’on trouve tout, et même la pire vulgarité, après avoir fait la queue au rond point de la zone commerciale.