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L'histoire du jour de Michel Cardoze

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Façade de la bourse du travail à Bordeaux
Façade de la bourse du travail à Bordeaux © Radio France - Philippe Vigier

Retour sur un gros conflit social aux usines Dassault en 1967

Diffusion du mercredi 30 janvier 2019 Durée : 2min

« Lock Out décidé aux usines Dassault Mérignac, Martignas et Talence »

Lock out, en français, fermeture ! Cette manchette de Sud Ouest date du 2 février 1967. Les cortèges se succèdent cours de l’Intendance, les ouvriers défilent, ils réclament une augmentation de 50 centimes de l’heure. Arrêts de travail, manif dans les usines où se montent les Mirage, puis grève totale, tout cela fut le quotidien d’un conflit social majeur qui anima l’hiver 66-67. Chaque matin, le grand amphi de la Bourse du Travail, cours Aristide Briand, accueillait l’assemblée générale des grévistes. Au pied de la tribune, utilisant le piano comme une table de presse, quelques journalistes donnaient au conflit social une résonance locale certes, mais aussi nationale. L’avionneur Dassault était un gros morceau et des élections législatives devaient se tenir au mois de mars. La fièvre monta vite d’un cran. Les métallo de Dassault eurent le soutien de l’opinion, ils manifestaient dans les rues de la ville avec un calme et une détermination goguenarde, et surtout une solidarité collective qui étonnerait aujourd’hui, sans doute. L’évêque coadjuteur de Bordeaux était souvent au premier rang des meetings du matin. La semaine précédant le premier tour des législatives de mars, Marcel Dassault plia les épaules et accorda satisfaction aux grévistes. On était à un an du printemps 68 mais personne ne le savait !