L'histoire du jour de Michel Cardoze

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Un escorteur de la Marine Nationale (image d'illustration)
Un escorteur de la Marine Nationale (image d'illustration) - © Maxppp - Marc Demeure

Un chalutier d’Arcachon est coulé par un escorteur de la marine nationale : nous sommes le 18 mars 1953.

Diffusion du lundi 18 mars 2019 Durée : 1min

Le 18 mars 1953, un chalutier d’Arcachon est coulé par un escorteur de la marine nationale.

Abordage au large de Biscarosse, dans la zone de tir délimitée par l’arméee. Pas de morts, l’escorteur de la Royale a recueilli les quatre marins d’Arcachon. 18 mars, c’est l’anniversaire des débuts de la Commune de Paris, en 1871. Personne n’y pense. Staline vient de mourir, le 5 mars 53. La presse française quasi unanime a broyé du noir et donné à Staline du Maréchal long comme le bras. Mais le 18 mars, alors que les quatre marins d’Arcachon se remettent de leurs émotions, le quotidien régional publie un reportage de son futur directeur Henri Amouroux, dont le titre donne à réfléchir aujourd’hui : « J’ai participé à un bombardement en territoire viet ». Voilà du journalisme engagé.  En mars 53, la guerre froide est plutôt chaude. Outre les bombardements auxquels l’envoyé spécial de Sud-Ouest participe depuis le porte-avion Arromanche, la « Une » du quotidien collectionne les signes d’une actualité faite de rencontres musclées au large du Kamtchaka ou au dessus de l’Alaska entre Mig soviétiques et avions de chasse américains. Le même jour, on annonce la 35° explosion atomique américaine dans le désert du Nevada, je cite,  « à trois km d’un bataillon de fantassins -enterrés dans des trous individuels- et à proximité d’un village peuplé de mannequins et d’animaux insensibilisés ».  çà ne s’invente ni ne se commente pas.