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Rentrée scolaire : "rarement on a été à un tel niveau d'impréparation" pour Agnes Bragard, du syndicat SNES

Les syndicats d'enseignants restent mobilisés contre la réforme des collèges qui entre en vigueur cette rentrée

Alors que la rentrée des classes approche, les syndicats d'enseignants continuent de maintenir la pression, notamment contre la réforme du collège. Ils prévoient une journée de grève le 8 septembre prochain. Agnès Bragard, secrétaire départementale du SNES en Moselle, est l'invitée de France Bleu.

Rentrée scolaire : "rarement on a été à un tel niveau d'impréparation" pour Agnes Bragard, du syndicat SNES

Près de 13 millions de jeunes vont faire leur rentrée ce jeudi 1er septembre un peu partout en France. Et le plus gros changement pour cette année 2016-2017, c'est l'entrée en vigueur de la réforme du collège. Une réforme contre laquelle se battent les principaux syndicats d'enseignants depuis plusieurs mois. Ils appellent d'ores et déjà à une journée de grève le 8 septembre prochain.

"Pour la première fois depuis que j'enseigne, on a rarement été dans un tel état d'impréparation, explique Agnès Bragard, prof d'histoire géographie à Metz et secrétaire départementale du SNES, le principal syndicat d'enseignants du secondaire. Ma chef d'établissement m'explique que les emplois du temps n'arrivent pas à être bouclés : on n'arrive pas à trouver assez de créneaux pour mettre en place les nouveautés de la réforme du collège." Et ce qui pose problème, ce sont notamment les EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires) : 2 à 3 heures par semaine où les élèves sont sous la responsabilité de plusieurs enseignants pour réaliser des projets pratiques. Sauf que "mettre plusieurs profs ensemble et leur permettre d'avoir la classe en même temps ou être à deux sur trois classes, on n'arrive pas à le faire, techniquement, explique Agnès Bragard."

"Pas de prise en compte de la pratique des collèges"

L'autre problème pointé par les syndicats, c'est celui des manuels. En effet, cette année, le programme change pour les quatre années du collège. Conséquence : il faut des nouveaux manuels. Problème : ils ne sont pas là. Agnès Bragard s'insurge : "un certain nombre d'éditeurs ne les ont pas finis. Le ministère a envoyé 54 euros de crédit par élève pour en acheter, or ça ne suffit pas pour acheter les manuels des quatre matières prioritaires définies par le ministère. Là on est face à une vraie difficulté, c'est comme si on nous demandait de conduire une auto sans volant."

Plus généralement, la syndicaliste pointe l'absence de concertation autour de cette réforme du collège. "On ne travaille pas sur le volontariat des personnels, explique-t-elle, mais en voulant imposer une nouvelle structure qui ne correspond pas à la vie quotidienne des établissements. On est typiquement dans une réforme où on a une application théorique et pas de prise en compte de la pratique des collèges."

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